Saïd Bouteflika joue la montre contre le cancer du pancréas qui le tue à petit feu. Il veut néanmoins laisser une belle image aux algériens. Une sorte de repentance qu’il doit à un peuple désabusé. Il fait un coup de Com. Il soutient, il console, il tapote sur les épaules, il serre les mains, il balance des sourires dans les cimetières, et au cours des Sit-in.

Il s’efforce de donner le sentiment de son désir à réparer un péché véniel.

Le péché d’avoir brisé des vies d’hommes, de femmes et de familles toutes entières, en leur coupant les vivres et la dignité. Celui d’avoir empêché des centaines de réfugiés politiques, de retourner chez eux pour rendre le dernier souffle.

Combien d’exilés n’ont pas pu se rendre au chevet d’une mère mourante ou d’un père agonisant par la faute d’un homme vindicatif ?

Combien de modestes gens ont vu spolier leurs biens ? Combien de fonctionnaires ont été démis de leurs fonctions injustement? Combien de jeunes filles ont été violées, par la seule volonté d’un homme qui s’est érigé en Dieu vivant ?

Il enrichit qui bon lui semble et appauvrit en un claquement de doigts. Il profère des menaces, il applique des peines, il commandite des intimidations, des diffamations, des calomnies pour abattre un ennemi imaginaire. Combien de justes parmi les justes a-t-il jeté à bas ? Combien d’innocents a-t-il enfermé dans des prisons sans jugement ?

Combien de milliards a-t-il dilapidé ? Combien d’argent a-t-il dépensé avec excès et désordre ?

Comment pourrait-il se racheter après toutes ces injustices ? En rendant l’argent volé pour l’investir dans la construction de grands hôpitaux modernes ? En créant des orphelinats ou des pouponnières pour des centaines de milliers d’enfants nés sous X, par la seule conséquence d’une gabegie généralisée ?

La douleur, Saïd Bouteflika en sait quelque chose. Chez lui, elle est provoquée par la maladie, chez ses victimes, elle est plus intense que même la morphine à grosses doses ne peut atténuer.

Vois-tu Saïd, ton péché n’est pas véniel, il est mortel. Il ne se répare point.