Le collectif citoyen créé spontanément un peu partout dans l’Algérie profonde et parmi la diaspora pour appeler à une grève générale de 5 jours du 2 janvier au 7 janvier 2017, a fait sortir le régime de Bouteflika de ses gonds. Ces derniers jours, les interventions publiques se multiplient, d’Ahmed Ouyahia à AbdelMalek Sellal en passant par Ahmed Gaid-Salah. On menace, on soutient, on dissuade … avec en filigrane une panique à bord mais l’appel à la grève continue à faire son bonhomme de chemin .

Le type de grève auquel appelle le collectif citoyen est une première du genre dans l’histoire de l’Algérie indépendante. Le collectif qui s’est fait baptiser RCNC, acronyme de « Restons Chez Nous au Chaud », s’est inspiré de la grève générale du 28 janvier 1957 menée notamment par deux héros de la révolution, Larbi Ben M’Hidi et Yacef Saadi, ils avaient appelé les algérois d’observer une grève générale de 8 jours en restant juste chez eux. Le mot d’ordre était en ces termes : « Ne circulez pas dans la ville, ne sortez pas de la Casbah, hébergez dans vos propres maisons les pauvres, les mendiants, les frères sans logis, faites des provisions de vivres et d’eau pour huit jours. »

 Non à la violence, non au vandalisme, restons juste chez nous, au chaud, du 2 au 7 janvier 2017.

Soixante années plus tard, le collectif RCNC appelle tous les Algériens à rester chez eux pendant 5 jours du 02 au 7 janvier 2017. Une grève qui épargnera au régime de Bouteflika de faire sortir dans les rues, sa police et ses matraques, son armée et ses tanks, puisque les rues seront désertes. La grève ne peut être que pacifique, sans violence et sans débordement et pour cause, les Algériens resteront chez eux au chaud, répète sans cesse le collectif RCNC.

Le peuple algérien veut dire stop à l’humiliation, stop au pillage, stop au gaspillage, stop à la misère, aux arrestations arbitraires des journalistes, des activistes des Droits de l’Homme. Stop à la vie chère, stop au chômage. Ils veulent l’alternance au pouvoir, ils veulent le respect des libertés de presse, d’opinion et d’association.

Ahmed Ouyahia ressort le bout de son nez

C’est Ouyahia, l’homme à tout faire des Bouteflika qui ouvre le bal avec une succession de déclarations visant à dissuader le peuple à ne pas rester chez lui le 2 janvier 2017. Et c’est non sans peur qu’Ouyahia sort le bout de son nez pour tenter vainement de leurrer le peuple devenu insensible à son venin et allergique à son disque rayé. Connu pour ne pas tenir longtemps en place, il se perd dans un radotage sans fond et sans fin. Pour lui l’appel à cette spéciale et pacifique grève, qui consiste  à rester chez soi pendant 5 jours, est télécommandée par des mains étrangères, et conspirée par des ennemis de l’intérieur. « Ahmed Ouyahia est un personnage sans foi ni loi, c’est une non-personne qui le moment venu, répondra de ses actes», disait publiquement, Ali Benouari, le président de Nida El Watan, lors d’une de ses déclarations. Contacté par nos soins, Ali Benouari pense que « le concept de l’appel à observer une grève générale consistant à rester  chez soi est d’un genre nouveau. C’est un mal nécessaire qui prédisposera le peuple algérien à adhérer à cette initiative et même si tous les Algériens ne sont pas au rendez-vous cette fois-ci, l’appel aurait donner aux jeunes générations à réfléchir et à murir ce concept pour qu’un jour ils adhéreront à ce type grève et l’adopteront.». Faut-il rappeler que cet appel est soutenu notamment par le mouvement Barakat, le Collectif des Associations Professionnelles de la Wilaya de Tizi Ouzou, le parti Jil Jadid et la plateforme, Algérie mon beau pays et beaucoup d’autres.

Ahmed Gaid Salah, je t’aime moi non plus

L’Algérie vue de l’intérieur comme de l’extérieur inquiète et interroge sur le rôle de l’armée dans la chose politique. On imagine mal un haut gradé italien, ou espagnol, ou même marocain ou tunisien, déclarer à la presse son soutien au chef de l’État ! « Mon général, qui a besoin d’être soutenu, le peuple algérien ou AbdelAziz Bouteflika ? A moins que votre soutien est purement humain, et dans ce cas, pourquoi le rendre public ?», se demanderait l’Algérien lambda.

N’est-ce pas la mission première de l’armée d’assurer la sécurité de l’État, la défense de ses intérêts et la protection de ses populations et territoires vis-à-vis d’une menace extérieure ? L’armée a-t-elle vocation de s’immiscer dans la politique ?

En tout cas, il semble qu’entre les Bouteflika et le chef d’état-major, Ahmed Gaid – Saleh, il souffle le chaud et le froid, le je t’aime, moi non plus. En effet, on donne tantôt, le général tirant sa révérence pour un repos mérité, tantôt retirant sa casquette, pour vouloir prendre le pouvoir à la manière égyptienne ou à la manière classique, celle de laisser les urnes parler. « Que cache cette guerre intestine qui ne veut pas encore dire son nom ? Dans quel sens faudrait-il faire tourner les aiguilles de la montre ? », S’interrogeraient les enfants de l’Algérie.

AbDelMAlek Sellal, le pays est sauvé, on va exporter du ciment au Niger !

« Sur la vie de ma mère, j’ai besoin d’un traducteur pour capter le fond des propos de Monsieur Sellal sur le bilan économique et politique de l’Algérie ! », s’exclamera AbdelGhani callé dans son fauteuil, face au premier ministre, baragouinant des explications sans tête ni queue à l’ENTV. Pour Monsieur Sellal « Le prix de la pomme de terre ne bougera que d’un dinar, les bananes sont un peu chers et les pommes locales inonderont bientôt les souks algériens, a t-il affirmé sans conviction. Selon lui, l’Algérie est engagé dans une production industrielle sans pareil et pour preuve, le pays va exporter du ciment au Niger.

Pourtant, il y a à peine quelques mois sur la même télévision, il tenait un discours tout à fait contraire, enfin peut-être… car il faut avoir la capacité de décoder ses dissertations sans traduction. De longues phrases sans verbes donc des non-phrases, des chiffres sans preuves, donc des faux chiffres. En 2015, il a essayé de dire la vérité aux Algériens sur la détérioration de la situation économique du pays pour les préparer à des lendemains difficiles. En 2016, il a essayé de leur dire des mensonges sur la situation économique de l’Algérie pour les empêcher de manifester leur ras le bol avec une formule soft, rester chez soi au chaud pour observer une grève de 5 jours.  D’un serrement extrême de la ceinture en 2015, Sellal invite en 2016, les Algériens à desserrer voir à retirer complétement la ceinture.

Contraints et forcés, Les médias algériens de l’intérieur et de l’extérieur se désolidarisent de l’appel à la grève

aucun média local n’a relayé l’information sur l’appel à la grève générale prévue pour le 2 janvier 2017 qui a pourtant fait boule de neige grâce aux réseaux sociaux. Ni les médias dits lourds ni la presse écrite basés n’ont osé ébruiter cette initiative sans précèdent. « La presse algérienne a cessé d’être solidaire, elle a cessé d’être une corporation agglomérée par certains principes que sont le code de déontologie et la charte d’éthique universelle » dira Abdelkrim Ghezali, écrivain et journaliste, dans l’émission de Khaled Drareni, « Place au débat » , et de poursuivre, « La corporation, je le dis et je le répète, la corporation des journalistes est corrompue jusqu’à la moelle … j’accuse publiquement ma corporation, nous sommes corrompus, nous avons été corrompus ».   

Quant aux médias d’obédience islamiste qui activent depuis l’étranger, Al Asr, Al Magharibya et Sabq Press, notamment, motus et bouche cousue eux aussi, mais pas pour les mêmes raisons que leurs confrères basés à l’intérieur du pays. Pour les médias islamistes, les grèves pacifiques ne cadrent pas du tout avec leurs missions et les objectifs de leurs financeurs. La situation chaotique qui prévaut en Algérie est leur fonds de commerce, ils y puisent leurs sujets et leurs inspirations. Ils prient tous les jours que Dieu fait pour que la situation actuelle en Algérie perdure, elle est leur source de débats et de polémiques sur les problèmes superficiels. Leur but caché, c’est recruter et endoctriner un maximum d’esprits égarés et de cerveaux fragilisés,  restés en jachère depuis la dissolution du front islamique du salut. En attendant l’instauration du Calife en Algérie, les jeunes algériens trouvent leur salut dans ces médias financés par Al Saoud, le Calife des Califes.


 

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