Tantôt islamiste tantôt communiste, tantôt panarabiste, tantôt nationaliste, le très controversé émir Khaled est l’un des très rares soldats maghrébins à avoir atteint le grade d’officier supérieur dans l’armée française, tout en continuant à défendre le droit des peuples colonisés à décider de leur destin, et reste comme l’un des pères fondateur de l’État algérien.

Khaled El-Hassani Ben El-Hachemi dit émir Khaled né en  1875 et mort en 1936 à Damas, est le petit-fils de l’émir  Abdelkader. Il est assigné à résidence en Algérie en 1892, puis, il entame des études à Paris. Il est le fondateur du nationalisme algérien après la Première Guerre mondiale.

Expulsé de France en 1923, il rejoint le parti «  Les Jeunes Algériens » ou le « Parti des jeunes », appellation qui fait référence aux Jeunes -Turcs, est un mouvement né de l’émergence d’une nouvelle bourgeoisie, liée aux intellectuels citadins ou au commerce moderne, dont les éléments — qui ont fréquenté l’école française et exercent des métiers intellectuels, académiques ou administratifs — sont appelés les « évolués ». Souvent laïcs, proches des mouvements des Jeunes Turcs et des Jeunes Tunisiens, ils bousculent les élites traditionnelles ; ils englobent deux tendances : d’une part des partisans d’un « patriotisme musulman » et de la Nahda  (en arabe النهضة), la Renaissance islamique, et d’autre part des assimilationnistes partisans des valeurs héritées des « Lumières » et de la Révolution française. Au demeurant, ces deux tendances restent attachés à l’islam, la civilisation islamique et la langue arabe, ce qui leur vaut la désapprobation des Européens d’Algérie et la critique de la presse coloniale, qui les accusent de nationalisme et de panarabisme.

L’émir Khaled, petit-fils de l’émir Abdelkader, est la figure emblématique de ce mouvement ; il avait notamment adressé en  1919 un message au président Wilson réclamant l’application du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il membre de la représentation des Algériens à la conférence de Versailles.  Il triomphe aux élections municipales d’ Alger, puis aux départementales en 1920. Il mène de 1920 à 1923 une lutte contre le système colonial français, notamment par le biais du journal L’Ikdam qui présente le combat pour la cause algérienne et la défense des intérêts des musulmans. Présenté comme un nationaliste anti-français, il est critiqué par la presse européenne de l’époque et dénoncé par les élus administratifs

L’émir Khaled est à l’origine du courant dit du « khalédisme » : un mélange des sphères sociales et politiques. Sur le plan politique, il représente une synthèse entre lecommunisme anticolonial et l’ arabisme naissant, mais également un pont entre l’élite algérienne naissante issue des écoles mises en place par la France, et la masse musulmane auprès de laquelle il est populaire et reconnu comme un meneur nationaliste. Cependant, après sa démission et son exil en 1923, son mouvement connait un déclin à la suite des échecs électoraux et à l’abandon par les élus assimilationnistes de la voie nationaliste prise par le mouvement.

Les Jeunes Algériens comptent, comme autres personnalités notables, le docteur Benthami, qui dirige une délégation en  1912 pour mener des réformes politiques, Chérif Benhabilès, signataire d’un manifeste proclamant la naissance du mouvement ou Mohammed Ben Rahel, partisan quant à lui d’un meilleur enseignement de la langue arabe.

Le mouvement participe activement à la diffusion culturelle et scientifique et à la revendication des droits civiques et politiques : fin du code de l’indigénat, égalité devant l’emploi et le service militaire, libertés individuelles et collectives, instruction, meilleure représentation politique. Il est à l’origine des premiers journaux algériens et de nombreuses associations, ou nadi. Il contribue ainsi à l’émergence du mouvement national algérien dans sa forme moderne.

Liens externes: http://achac.com/memoires-combattantes/khaled-el-hassani-ben-el-hachemi-dit-emir-khaled-1875-1936/ , https://fr.wikipedia.org/wiki/Khaled_el-Hassani_ben_el-Hachemi