Si l’on se réfère à ce qui fait le succès de l’occident (au sens le plus large du terme), nous sommes obligés de nous tourner vers la seule raison objective, qui explique toutes les autres: l’absence de liberté. On ne peut juger en effet que des sujets libres, donc responsables. Or les peuples arabes n’ont jamais été libres, et ce qu’ils ont acquis par le passé n’a pu se faire que dans des conditions de liberté et de tolérance religieuse tout à fait exceptionnelles. Telle est LA LEÇON à retenir.
Ce qui est triste, c’est que l’Occident renforce les régimes théocratiques et liberticides dans le monde arabe. Soutien qui pousse les peuples arabes au désespoir et les renforce dans leurs thèses paranoïaques et leur croyance que seul Allah pourra les sauver. Ce qui les pousse, inconsciemment, à faire le jeu des dictatures en général et des régimes théocratiques en particulier, comme ceux du Qatar et de l’Arabie Saoudite. Deux pays qui sont justement derrière la propagation de la version la plus rétrograde de l’Islam. Ainsi la boucle est bouclée et on arrive au pire : celui de se considérer (et d’être considéré) comme frappés de tares congénitales. Un cercle vicieux et infernal, qui justifie l’islamophobe et l’arabophone. Nous devenons ainsi sans le vouloir nos propres ennemis.
Quiconque a le courage de remettre en cause ce prêt-à-penser est voué aux gémonies, tel Kamel Daoud, dont le seul tort est de réfléchir à haute voix sur les origines de nos troubles.

Ali benouari