J’ai eu dur à avaler ma salive hier au soir après le discours télévisé de A. Bensalah, le président algérien par intérim. J’ai eu du mal à déglutir tellement gavée par les propos honteux d’un homme finissant, honni et illégitime.

De qui se moque-t-on ? Que manigance-t-on ? Avec qui, contre qui et pourquoi ? A ces interrogations, le peuple a déjà toutes les réponses, en gros et en détail. Néanmoins, revenons à l’évidence qui s’impose avec une telle puissance que nul besoin d’aucune autre preuve pour en connaître la vérité.

Et la vérité est que « Yatnahow Ga3, qu’ils partent tous», ce n’est pas possible cette fois-ci, ce sera pour la prochaine fois, quand les dinosaures auront disparus, morts et enterrés pour de bon et pour de vrai. A ce moment-là seulement, le travail peut être enclenchée jusqu’aux premiers vagissements d’une Algérie nouvelle mais le hors d’œuvre doit être servi aux potentiels héritiers de la matrice ( Les fils de …); sans doute eux, admettront le « Yatnahow à moitié ».

Il faut admettre qu’il y a des pays qui ont une armée et il y a des armées qui ont un pays et tant que la vapeur ne s’est pas renversée au moins à moitié, rien ou presque ne changera. L’élite algérienne n’est pas dupe, elle sait au fond que l’armée ne va pas lâcher le pouvoir d’un trait mais diront-ils qu’elle montre sa bonne foi en faisant du 50/50, passant d’une Junte– Adventure à une Joint-Venture !

L’Algérie est gérée depuis 1962 comme une entreprise commerciale et les algériens comme des ouvriers privés du minimum syndical. Le gaz, l’or jaune, et l’or noir, ont fait de l’Algérie, le pays plus vulnérable de la région, voire du monde entier puisque nombreux sont les pays pétroliers et gaziers du tiers-monde sont parvenus à sortir la tête de l’eau en négociant ferme avec les grandes puissances et les géants pétroliers pour assurer à leurs peuples, une dignité relative.

Le discours de la veille au soir, lu par Abdelkader Bensalah, le président intérimaire, a coupé l’herbe sous les pieds des 42 millions d’algériens qui, depuis le 22 février occupent pacifiquement les rues pour revendiquer le départ du système tout entier.

Hier Bensaleh a donné le sentiment de sortir d’un tombeau tant par l’aspect que par le contenu de son papier enregistré dans des conditions de tournage et de montage qui n’ont rien à envier à celles pratiquées dans un passé récent par l’équipe audiovisuelle de A. Bouteflika.

L’urgence était de donner, entre chaque paragraphe, un répit à Bensalah sorti directement d’une séance de chimiothérapie (Allah ichafih). Le montage du discours de Bensaleh a été visiblement réalisé à la hâte, charcuté, rafistolé avec des plans de coupe dignes de l’œuvre d’un monteur-amateur.

Mais au-delà de l’aspect technique, le contenu était un copier/coller des discours du siècle dernier. Les mêmes points, les mêmes virgules, la même assurance, la même arrogance, le tout agrémenté de provocations et de mensonges.  L’homme a planté le décor : les jeux sont faits, rien ne va plus, c’est à prendre ou à…prendre. Une humiliation glaçante. Les concessions promises par le commandement militaire se sont évanouies dans la nature,  le projet de dialogue a disparu sans laisser de traces.

Comment est-ce qu’un homme finissant, détruit par la maladie, exposé  à la détestation abyssale du peuple, couvert de honte et de mépris, a osé encore se montrer aux caméras du monde entier pour affirmer qu’il ne quittera son poste qu’après l’élection d’un nouveau président ? Pourquoi cet affront ? Pourquoi ce retour à la case départ ?

Layla Haddad.