Nous reprenons ici telle quelle , la communication de Layla Haddad à l’adresse du Chef d’état major Monsieur Ahmed GAID – SALEH:

« A l’aimable attention de Ahmed GAID – SALAH,

De la part de : Layla Haddad, votre compatriote

J’hésite, je tourne en rond, je bredouille, je barguigne et puis je me lance, car c’est la confusion de la double casquette que vous arborez qui me déboussole. Vous êtes à la fois le patron de l’armée en votre qualité de chef d’état-major mais vous êtes en même temps, patronné par Ouyahia en votre qualité de Vice-ministre dans son gouvernement.

In fine, je m’adresserai à vous en tant que compatriote puisque tous deux, sommes issus du petit peuple :

Hier, j’ai écouté avec beaucoup intérêt votre discours, j’ai retenu que l’armée ne se mêlera plus de politique. J’ai retenu aussi que votre discours était éminemment politique.

Vous avez parlé pour celui qui ne parle plus

Votre discours d’hier a coupé NET à l’infime étincelle à laquelle s’accrochait l’algérien du fin fond de l’Algérie profonde. Vous avez tranché dans l’épaisseur, la foi des femmes et des hommes libres qui croyaient que le changement était possible. Vous avez interrompu brutalement le dessein d’une nation qui aspirait à une Algérie libre. Vous avez dit sans ambages que nul ne peut décider de l’avenir de l’Algérie hormis « LUI ». Vous avez parlé pour celui qui ne parle plus.

De la frustration naîtra l’action

Votre discours a frustré notre impuissance face à moult injustices, mais nous avons la faiblesse de croire que de cette frustration naîtra l’action et peu importe la lenteur d’agir, à condition de persévérer.

Bouteflika a gagné une bataille, mais la guerre c’est le petit peuple qui la gagnera

J’ai l’intime conviction que par votre discours de ce 26 juillet 2018, « LUI » a gagné une bataille mais la guerre, c’est le petit peuple qui la gagnera. Car, bon gré, mal gré, c’est au côté de l’armée qu’il la remportera. Elle est née de nos entrailles, elle est notre rempart et nous n’avons pas une armée de rechange !

La démocratie n’est pas qu’une affaire d’élections transparentes, elle est aussi une affaire de gestion transparente des finances publiques.

Nous, petit peuple, souhaitions que l’armée garantisse une transition sans heurt et sans effusion de sang et pour anticiper quelconque débordement. Nous voulions que le prochain chef de l’état sorte des urnes afin qu’il gère les richesses du pays en bon père de famille, pour que l’effort soit le seul créateur de richesses, pour que les maudits gaz et pétrole ne soient plus la cause du malheur du petit peuple que nous sommes mais soient « le petit plus » pour les jours difficiles. Vous l’avez compris, la démocratie n’est pas qu’une affaire d’élections transparentes mais elle est aussi et surtout une affaire de gestion transparente des finances publiques.

Layla Haddad,
Votre compatriote. »