Le 11ème conseil d’association UE-Algérie a bien eu lieu hier lundi 14 mai dans la capitale européenne Bruxelles. La réunion à huis clos s’est soldée par la signature d’une convention de financement d’un programme d’appui au secteur de l’agriculture, qui contribuera à améliorer la gestion de l’eau, soutenir l’agro-industrie et lutter contre la pollution agricole,  selon la déclaration de la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, lors d’une conférence de presse conjointe  avec le ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel.

Federica Mogherini a ouvert la conférence de presse en insistant longuement, avec énergie et un tantinet de langue de bois, sur l’aspect politique et des droits de l’homme : « L’Union européenne reste engagée à accompagner les réformes politiques et économiques entreprises par les autorités algériennes. Nous avons discuté aujourd’hui de la façon la plus efficace possible dont nous pouvons y parvenir, pour les deux parties. », Dira d’emblée la haute représentante de l’UE avant d’enchainer prudemment, diplomatie oblige : «   S’appuyant sur la révision constitutionnelle de 2016, la réforme du système de gouvernance politique en Algérie reste au cœur de notre partenariat et bénéficie de l’appui de l’UE pour sa mise en œuvre, en particulier dans les domaines de la justice et de la démocratie participative. » Et d’ajouter : « L’Union européenne réitère sa disponibilité, comme toujours, à appuyer les actions du gouvernement pour continuer à adopter les lois et les mesures pour la mise en œuvre de ces réformes politiques. Nous sommes convaincus que la société civile algérienne a une place importante dans ce processus d’appropriation des réformes et de défense des avancées démocratiques. »

Des messages subtiles mais clairs à l’endroit des autorités algériennes qui savent que les hauts responsables européens suivent au jour le jour et avec inquiétude le développement de la situation qui prévaut en Algérie. Ils sont bien informés de la vraie réalité politique de l’Algérie, de l’état des Droits de l’Homme et de la situation désastreuse des libertés fondamentales, grâce notamment, à leurs réseaux informels et leurs représentations diplomatiques à Alger.

Le ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel qui a pris la parole après Madame Mogherini a enchaîné sans aucun mot sur l’aspect politique en versant dans un discours à sa hauteur. Il a rappelé à qui ne savait pas encore que l’UE et l’Algérie appartenaient au même espace, qu’ils partageaient la même Méditerranée. « De part et d’autre nous sommes convaincus que cette mer doit être non pas une zone de fracture mais bien au contraire une zone de relation et de renforcement de la coopération entre nos deux espaces. », se satisfera Monsieur Messahel.

Un dialogue de sourds saupoudré d’une langue de bois, tel a été  le ton d’une conférence de presse qui n’a laissé fuiter que les insinuations et les non-dits.

L. Haddad