Dans son rapport rendu publique le 4 mai 2018, la Commission européenne a focalisé sur la régression en matière des Droits de l’Homme en Algérie. Diplomatie oblige, l’organe de exécutif de l’UE (L’Union européenne ), temporise en utilisant un vocable intelligent de manière à ne pas provoquer l’ire des détenteurs du pouvoir en Algérie. On lira dans le rapport : « l’UE entend soutenir l’Algérie notamment dans les domaines de la gouvernance, de la démocratie participative, de la promotion et la défense des droits fondamentaux, y compris ceux des travailleurs, du renforcement du rôle des femmes dans la société… ». Mais en même temps, elle tient à rappeler qu’elle appuie financièrement la réforme de l’appareil judiciaire vers une justice indépendante, efficace et accessible à tous, tout en soutenant le renforcement du rôle de la société civile.

 La corruption gangrène l’Algérie

Elle a épinglé le phénomène de la corruption qui gangrène l’Algérie en rappelant que l’Union européenne a reçu en 2017 dans le cadre de la lutte contre la corruption des institutions européennes y compris l’Office Européenne de la Lutte Anti-Fraude (OLAF), des visites de l’Office central de répression de la corruption (en mars) et de l’Inspection générale des finances (en novembre). Le rapport indique à cet égard que l’Algérie se classe à la 115ème place sur 180 pays dans l’Indice de perception de la corruption 2017 de l’Organisation non-gouvernementale (NGO) Transparency International.

Élections législatives

S’agissant des élections législatives du 4 mai 2017, le rapport a indiqué qu’elles se sont déroulées de manière efficace mais qu’elles n’ont pas modifié la composition de l’Assemblée Populaire Nationale (APN). Là aussi, la Commission européenne s’est restreint à une information neutre. A ce sujet tout le monde sait qu’elle avait refusé d’envoyer des observateurs politiques (des eurodéputés) pour ne pas cautionner la fraude généralisée. L’UE s’était contentée d’envoyer une petite dizaine d’observateurs techniques.

Absence de liberté syndicale, restriction des associations

Le rapport a attiré l’attention, en reprenant les indications émises par le Haut-Commissariat des Nations unies, pour fustiger les autorités algériennes sur les nouvelles restrictions des organisations de la société algériennes.

Concernant la liberté syndicale, le rapport de la Commission européenne a précisé:  « Les syndicats autonomes algériens continuent de rencontrer des difficultés pour s’enregistrer ou se rassembler malgré la ratification par l’Algérie de la Convention n°87 de l’Organisation internationale du travail6 sur la liberté syndicale. »

Liberté de la presse : régression de 5 places

La situation de la presse a figuré aussi dans le rapport lequel a affirmé que « L’Algérie a régressé de 5 places par rapport à 2016 dans le classement mondial de Reporters Sans Frontières (134ème sur 180 pays). L’ONG fait état de sujets tabous, ainsi que de « l’étranglement économique » des titres indépendants à travers le contrôle des dépenses publicitaires.»

La liberté de religion et la situation des minorités

La liberté de religion ainsi que ma situation des minorités ont été mis en exergue le rapport qui rappelle que bien que « La liberté de religion ou de conviction, est garantie dans le respect de la loi (art. 42 de la Constitution), mais rencontre des entraves dans la pratique. Le Code de la Famille interdit le mariage de femmes musulmanes à des non-musulmans, déshérite les apostats, et annule légalement un mariage en cas d’apostasie du mari.

Concernant les minorités, le rapport de la Commission européenne sous couvert du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale de l’ONU, dans sa contribution au rapport 2017 du Haut-Commissariat aux droits de l’homme pour l’EPU, a souligné que ce dernier avait pourtant indiqué que « la persistance de stéréotypes racistes et de discours haineux parfois dirigés contre les Amazighs, les demandeurs d’asile et les ressortissants d’Afrique subsaharienne7 ».

Violences policières à l’endroit des médecins-résidents

Enfin, il a été fait mention dans le rapport que des mouvements sociaux, impliquant notamment le corps enseignant et les médecins résidents (étudiants en médecine en fin de doctorat), ont émergés dans plusieurs grandes villes fin 2017 et début 2018 et font craindre un certain essoufflement du modèle social et la nécessité de poursuivre les réformes et les investissements publics dans ces secteurs.  Il a noté les violences perpétrées lors de certaines manifestations de médecins

L. Haddad