Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné, lundi matin, Salah Abdeslam et Sofien Ayari à 20 ans de prison pour leur implication dans la fusillade rue du Dries à Forest, le 15 mars 2016. Ceux-ci peuvent néanmoins faire appel du jugement. Leurs avocats ont déclaré qu’ils allaient en discuter avec eux.

Par ailleurs, le tribunal a également accordé des dommages et intérêts de plus de 375.000 euros aux policiers victimes de la fusillade et des dommages et intérêts de 142.000 euros à l’État belge. Pour certains d’entre eux, il a été décidé un montant provisionnel pour le dommage subi et a été désigné un expert qui aura pour mission d’évaluer leur préjudice, physique et moral, de manière précise. Une audience aura lieu le 13 décembre prochain pour évaluer les expertises.

Dans la motivation de son jugement, le tribunal a tout d’abord estimé que l’intention homicide était établie, compte tenu de la nature des armes utilisées, du nombre de balles tirées, 34 au total, et du fait qu’un policier a été touché sur le côté de la tête.

Les prévenus évoluaient dans la mouvance terroriste

Ensuite, quant au caractère terroriste de cet acte, les juges ont estimé qu’il était clairement établi. « Lors de la perquisition (dans l’appartement de la rue du Dries, ndlr) le contexte était celui des attentats de Paris et les polices belge et française étaient assidûment à la recherche de Salah Abdeslam », affirment-ils.

Le tribunal a rappelé que les prévenus avaient séjourné en Syrie et qu’il n’était pas contesté que, dans ce pays, l’État Islamique est un groupe terroriste. Ainsi, pour le tribunal, Salah Abdeslam et Sofien Ayari « évoluaient au moment des faits dans la mouvance terroriste » et « avaient la volonté commune de faire partie d’un groupe terroriste ayant pour but d’intimider la population et ayant la volonté de combattre les mécréants au nom d’Allah. Ils avaient fait allégeance à l’État Islamique, galvanisés par l’idéologie de ce groupe islamiste radical ».

Porteur d’une ceinture d’explosifs

Aux yeux de la justice française, Salah Abdeslam, auteur de petits larcins, connu pour être buveur et fêtard, a joué un rôle central dans la préparation des attentats du 13 novembre, les plus meurtriers jamais commis en France (130 morts et des centaines de blessés).

Agence Belga/journaux.