Marie-Christine VERGIAT est eurodéputée française, elle siège au Parlement européen depuis 2009 dans le Groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne et Gauche verte nordique. Elle est membre de la sous – commission des Droits de l’Homme et membre suppléent de la délégation pour les relations avec les pays du Maghreb et l’Union du Maghreb arabe.

INTERVIEW:

CNP NEWS : Selon des ONG’s des Droits de l’Homme, la situation en Algérie serait à la limite de l’acceptable, pratiquement tout ou presque est interdit : Interdit de se réunir pour les associations, interdit de travailler librement pour les syndicats. La presse est totalement muselée ou corrompue par le pouvoir. Au plan économique, certains experts économiques algériens indiquent qu’une famine n’est pas exclue. Que fera l’Union européenne le jour où des millions d’Algériens seront à ses portes ?

  • Marie-Christine VERGIAT : Je ne dirais pas les choses comme ça parce que je n’aime pas alimenter les peurs et manipuler ce genre de contexte. Je n’y crois pas d’ailleurs. Il n’y a pas de mouvements particuliers depuis l’Algérie en ce moment. Ce sont plutôt des Marocains et les Tunisiens qui traversent la Méditerranée. Il n’y a pas tellement de mouvements d’Algériens.

CNP NEWS: Il y a quelques mois, des médecins-résidents ont tenté de sortir dans la rue pour revendiquer un certain nombre de droits, ils ont été empêchés à coup de matraque et pour certains jusqu’au sang par une lâcher de forces de l’ordre. Est-ce qu’il faut fermer les yeux ?

  • Marie-Christine VERGIAT: Ça se passe comme ça dans tous les pays d’Afrique du Nord, pas particulièrement en Algérie. Je n’ai pas des atomes crochus particuliers avec l’Algérie mais on ne ferme pas les yeux partout pas plus qu’en l’Algérie. On ne ferme pas les yeux sur ce qui se passe au Maroc, on ne ferme pas les yeux sur ce qui se passe en Egypte … Moi ce qui me frappe par rapport à la situation en Algérie c’est l’absence d’informations. Il y a très peu d’informations qui filtrent depuis l’Algérie notamment quand, comme moi, on ne parle pas l’arabe. Je n’ai pas envie de mettre des étoiles si je puis dire, ou faire un classement dans les différents pays. J’ai, à plusieurs reprises, dénoncé un certain nombre de situations en Algérie. Il n’y a pas de système de préférence sur le fait qu’on refuse de dénoncer. Je dis toujours que c’est un peu compliqué quand on est française de parler de la question algérienne car nous sommes tout de suite vus, et les Algériens savent très bien utiliser ces concepts, comme l’ancien colonisateur qui se mêle des affaires des autres. C’est la même chose au Maroc d’ailleurs. Quand on est français on est tout de suite accusé…

CNP NEWS: C’est parce que vous êtes une eurodéputée « française », que vous ne voulez pas vous exprimer sur la situation en Algérie ? Est-ce que vous prenez part au dialogue de haut niveau avec les représentants algériens ?

  • Marie-Christine VERGIAT : Non je ne suis pas dans ce dialogue de haut niveau. Je soulignerais que les relations Union européenne-Algérie sont relativement récentes contrairement aux deux autres voisins tunisien et marocain. Comme vous le savez, moi je mets beaucoup d’énergie sur la question tunisienne. On menait encore une bataille hier soir sur la question tunisienne. Je considère qu’on ne peut pas travailler avec la même énergie sur l’ensemble des pays du Maghreb. J’ai mis ces derniers mois, ces dernières années, l’essentiel de mes préoccupations et de mes batailles sur la question migratoire en Tunisie.

Fin.