Face au drame d’une ampleur rare qui a frappé le pays, on aurait aimé voir se manifester une attitude empreinte de dignité, de respects d’abord à l’endroit des victimes et de leurs familles. La hauteur d’un pays, d’un État et d’une société se mesure aussi à son comportement en pareille circonstance. L’hommage devait être digne, sobre et grave. Savoir rester digne dans la douleur.

Or, nous avons assistés depuis ce maudit mercredi à un lâché d’indécences sans retenue. Des chefs de partis, des députés et des commentateurs de dimanche, des imams sur commande accourent sur les plateaux de télé pour pérorer sur l’accident. Une compétition honteuse -telles de pleureuses professionnelles – pour apparaître plus touché que les proches des victimes elles-mêmes. Un élan d’indécence.

Des responsables officiels dans une surenchère éhontée se bousculent pour renouveler leur allégeance sur le dos des victimes. Devant certaines mosquées algéroises, les prieurs de circonstances s’en donnent à cœur joie face aux caméras. Se pressent à publier sur les réseaux sociaux des photos et autres selfies. Immortaliser l’instant en attendant un retour sur investissement de l’horreur.

De l’art à marcher sur les cadavres et le malheur des victimes pour parvenir à l’étage supérieur de lâcheté. D’autres commerçants de la douleur surfent sur la vague de la tragédie en proposant des voyages gratuits à la Mecque. Abject, le traitement des télés se passe de tout commentaire…
Hacen OUALI.