Le journal français à obédience chrétienne La Croix a fait parler un enseignant à la prestigieuse école Science Po de Paris au sujet des services secrets algériens. Sous le titre «La police secrète gouverne toujours l’Algérie», le quotidien est revenu, dans une interview avec le politiste algérien Mohammed Hachemaoui, sur la «puissante police politique» qui est «plus que jamais aux commandes du pays».

L’auteur de Clientélisme et patronage dans l’Algérie contemporaine, qui a déjà eu à tenir les mêmes propos sur l’ex-Département du renseignement et de la sécurité (DRS) dans les colonnes du même journal en 2013, ressasse les mêmes stéréotypes sur les «omnipotents» services secrets algériens malgré leur profonde restructuration et la mise à la retraite par le chef de l’Etat de celui qui était considéré comme l’homme le plus puissant du système, le général Toufik.

Selon Mohammed Hachemaoui, «l’accident vasculaire cérébral qui a foudroyé le président Abdelaziz Bouteflika en avril 2013 a mis à nu le régime, en révélant au grand jour les institutions qui gouvernent l’Algérie, à savoir la police secrète». Et de reformuler au mot près les spéculations transformées en vérité absolue, à savoir la place de «vice-roi» qu’occuperait le frère du président Bouteflika et qui «prétend à une déstructuration et une décapitation du DRS». Et de se contredire en rappelant les déboires de Saïd Bouteflika qui a été «violemment attaqué dans sa vie privée début 2014» et qui «n’a même pas pu poursuivre devant la justice ceux qui l’avaient calomnié». Preuve, selon lui, que le frère du Président «n’est pas aussi puissant qu’on le dit».

L’enseignant à Science Po reproduit les mêmes clichés et induit en erreur ainsi l’opinion publique française à qui il sert des certitudes clé en main, puisées dans les différents salons et autres médias peu informés sur la véritable situation politique en Algérie. L’académicien Mohammed Hachemaoui se met dans la posture du citoyen lambda qui reprend à son compte ce qu’il entend et lit ici et là sur l’ex-DRS, sans discernement, ni analyse. Pour lui, l’institution présidentielle peine à «s’attaquer» à ce «monstre institutionnel» qui a «siphonné le pouvoir réel». Hachemaoui en veut pour preuve la non-publication du décret certifiant le départ du «tout puissant général Mohamed Mediene» deux ans après sa mise à la retraite.

Obnubilé par la – nécessaire ? – disparition du DRS, le politologue estime que la création de la DSS ne signifie pas que l’ancienne institution a été dissoute. «L’élément de langage dissolution du DRS, que la presse a répété en chœur, est trompeur», affirme-t-il.

Prenant les lecteurs de La Croix à contre-pied, le politologue s’emmêle les pinceaux en déclarant que l’actuel PDG de Sonatrach «est un protégé du DRS», ignorant sans doute qu’Abdelmoumen Ould-Kaddour a été jugé et condamné dans une affaire révélée par l’ex-DRS, justement, et qu’il n’a été réhabilité qu’après le départ du général Toufik et la dissolution du DRS.

Et de conclure que le successeur de Bouteflika ne pourra être qu’Ahmed Ouyahia, «DRS boy» à qui profitera «l’élévation de tamazight comme langue officielle dans la Constitution de 2016 et la décision, en janvier dernier, de décréter le Nouvel An berbère jour férié». Deux facteurs qui vont «légitimer en amont l’élection, pour la première fois dans les annales de l’Algérie, du futur président kabyle Ouyahia».

Un raisonnement simpliste tiré par les cheveux et servi à une opinion publique française qui, paradoxalement, ignore presque tout de l’Algérie et des Algériens.

Par Kamel M, pour Algérie patriotique

Le journal français à obédience chrétienne La Croix a fait parler un enseignant à la prestigieuse école Science Po de Paris au sujet des services secrets algériens. Sous le titre «La police secrète gouverne toujours l’Algérie», le quotidien est revenu, dans une interview avec le politiste algérien Mohammed Hachemaoui, sur la «puissante police politique» qui est «plus que jamais aux commandes du pays».

L’auteur de Clientélisme et patronage dans l’Algérie contemporaine, qui a déjà eu à tenir les mêmes propos sur l’ex-Département du renseignement et de la sécurité (DRS) dans les colonnes du même journal en 2013, ressasse les mêmes stéréotypes sur les «omnipotents» services secrets algériens malgré leur profonde restructuration et la mise à la retraite par le chef de l’Etat de celui qui était considéré comme l’homme le plus puissant du système, le général Toufik.

Selon Mohammed Hachemaoui, «l’accident vasculaire cérébral qui a foudroyé le président Abdelaziz Bouteflika en avril 2013 a mis à nu le régime, en révélant au grand jour les institutions qui gouvernent l’Algérie, à savoir la police secrète». Et de reformuler au mot près les spéculations transformées en vérité absolue, à savoir la place de «vice-roi» qu’occuperait le frère du président Bouteflika et qui «prétend à une déstructuration et une décapitation du DRS». Et de se contredire en rappelant les déboires de Saïd Bouteflika qui a été «violemment attaqué dans sa vie privée début 2014» et qui «n’a même pas pu poursuivre devant la justice ceux qui l’avaient calomnié». Preuve, selon lui, que le frère du Président «n’est pas aussi puissant qu’on le dit».

L’enseignant à Science Po reproduit les mêmes clichés et induit en erreur ainsi l’opinion publique française à qui il sert des certitudes clé en main, puisées dans les différents salons et autres médias peu informés sur la véritable situation politique en Algérie. L’académicien Mohammed Hachemaoui se met dans la posture du citoyen lambda qui reprend à son compte ce qu’il entend et lit ici et là sur l’ex-DRS, sans discernement, ni analyse. Pour lui, l’institution présidentielle peine à «s’attaquer» à ce «monstre institutionnel» qui a «siphonné le pouvoir réel». Hachemaoui en veut pour preuve la non-publication du décret certifiant le départ du «tout puissant général Mohamed Mediene» deux ans après sa mise à la retraite.

Obnubilé par la – nécessaire ? – disparition du DRS, le politologue estime que la création de la DSS ne signifie pas que l’ancienne institution a été dissoute. «L’élément de langage dissolution du DRS, que la presse a répété en chœur, est trompeur», affirme-t-il.

Prenant les lecteurs de La Croix à contre-pied, le politologue s’emmêle les pinceaux en déclarant que l’actuel PDG de Sonatrach «est un protégé du DRS», ignorant sans doute qu’Abdelmoumen Ould-Kaddour a été jugé et condamné dans une affaire révélée par l’ex-DRS, justement, et qu’il n’a été réhabilité qu’après le départ du général Toufik et la dissolution du DRS.

Et de conclure que le successeur de Bouteflika ne pourra être qu’Ahmed Ouyahia, «DRS boy» à qui profitera «l’élévation de tamazight comme langue officielle dans la Constitution de 2016 et la décision, en janvier dernier, de décréter le Nouvel An berbère jour férié». Deux facteurs qui vont «légitimer en amont l’élection, pour la première fois dans les annales de l’Algérie, du futur président kabyle Ouyahia».

Un raisonnement simpliste tiré par les cheveux et servi à une opinion publique française qui, paradoxalement, ignore presque tout de l’Algérie et des Algériens.

Par Kamel M, pour Algérie patriotique.

Photo: Le général Tartag, coordinateur des services des renseignement (à gauche). New Press