A peine sortie de terre, Radio M a déjà conquis des auditeurs dans toute la planète. Cette petite webradio se revendique maghrébine même si la majorité des sujets traités relève de l’actualité algérienne et d’ailleurs s’il y a similitude avec Al Magharibya, ce serait ce point, pour le reste il y a à boire et à manger.

Alors que Al Magharibya s’évertue à vanter le FIS et à bombarder l’institution militaire , aussi bien dans son unique émission d’actualité en arabe El Hadath que celle en français Top3 tout aussi unique, Radio M fait dans la nuance, elle critique, égratigne, décortique avec une grande marge d’objectivité tout en évitant les sujets qui fâchent le régime. La première tire le téléspectateur vers le bas, la deuxième invite l’auditeur à se cramponner à son bras pour l’emmener à monter palier par palier les marches d’une information saine.

La force de Radio M est la qualité de ses journalistes et ses chroniqueurs, d’Ihcène Kadi, Saïd Jaafer à Amar Ingrechen et Hajer Guenanfa et beaucoup d’autres les uns aussi pertinents que les autres…

Al Magharibya quant à elle, a investi dans la quantité des collaborateurs, elle a d’emblée fait le choix de verser dans la loyauté plutôt que dans la compétence. Hormis une poignée de journalistes, le reste des animateurs est un melting pot d’enseignants, de militants islamistes, de retraités, de prêcheurs et leurs épouses…, le tout avec un audimat en dégringolade à cause de la confusion des rôles entre l’animateur et l’invité: Chez Al Magharibya l’animateur s’impose au débat, puise dans les idées de l’invité et se les approprie et in fine, il épuise le téléspectateur par la frustration qu’il inflige à l’invité en le privant d’aller au bout de son intervention.

Six ans ont passé depuis la création d’Al Magharibya et si l’animateur est plus à l’aise face aux caméras et au prompteur, les notions basiques de la déontologie de la profession demeurent floues et sans une véritable évolution.

« Si vous revisionnez une émission de 2014 et une autre de 2018, vous ne verrez aucune différence, sinon plus de cheveux gris sur la tête du présentateur ! », avouera un fidèle téléspectateur.

Pour sa part, Radio M se définit comme étant une web radio privée qui vit d’annonces publicitaire et de sponsoring. Elle est diffusée sur le web en arabe et en français depuis 2013. Sa force réside dans sa présence physique à Alger, une aubaine pour l’éclectisme de ses animateurs et le renouvellement en continu de ses invités. Elle peut encore se développer en créant des partenariats stratégiques avec des radios maghrébines, méditerranéennes et européennes francophones comme c’est déjà le cas pour des webradios similaires au Maroc et en Tunisie.

Ferhat Ait Hocine