C’est lors d’une interpellation à l’adresse du gouvernement suisse que Luc Recordon alors député au parti des Verts ainsi que 3 autres de ses collègues des partis Verts et Socialistes ont manifesté leur inquiétude sur la situation politique, économique et sociale en Algérie. Ce fut en 2015 mais pour lui, la situation ne cesse de s’empirer.

Le chômage frappe plus de 30% de la population

Luc Recordon constate que 3 ans plus tard, en 2018, les salaires stagnent ou baissent à un niveau très bas vu les prix, soit à moins de 250 euros par mois en moyenne ; le chômage frappe quelque 30 % de la population ; le taux d’occupation des logements, très difficiles à obtenir, est supérieur à sept personnes en moyenne ; les budgets de l’éducation et de la santé se sont réduits en quinze ans comme une peau de chagrin, chacun de plusieurs pourcents du PIB.

Des milliards de dollars évaporés

L’avocat suisse se demande où sont passé les milliards de dollars résultant de la vente du pétrole et du gaz. Il dresse un tableau noir des libertés publiques qui continuent à être bafouées, malgré une certaine atténuation des disparitions et embuscades, plus ou moins clairement encouragées en sous-main par les autorités ; les arrestations et condamnations arbitraires sont légion, précise-t-il, il n’est, de plus, pas rare de constater des confiscations de biens ou déplacements de personnes tendant à favoriser des gens proches du pouvoir.

Liberté d’expression et des médias en lambeaux

La liberté d’expression et des médias est en lambeaux, indique-t-il. Il ajoute  que devant ce panorama très inquiétant, on peine à comprendre que le Conseil fédéral suisse ( le gouvernement suisse )  ait choisi de manifester ouvertement une volonté de rapprochement avec le gouvernement algérien et on se demande si davantage de retenue n’est pas indispensable ou si au moins une telle politique ne peut être mise au service de l’obtention de résultats tangibles dans l’amélioration de la situation du pays en question, au moins au point de vue des droits de l’homme en l’état, cela ne semble pas être le cas.

Violations flagrantes des droits syndicaux

L’avocat suisse pointe les violations flagrantes qui selon lui résident dans le mépris total des libertés syndicales: en dehors du syndicat étroitement lié au parti dominant, l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), il est quasiment impossible d’exercer convenablement une activité de ce type sans encourir des mesures comme la suspension ou la perte de son emploi, des poursuites judiciaires, des assignations, des interdictions de voyage, en particulier dans la fonction publique.

Mourad Amrani.