C’est le 24 décembre dernier, lors d’une interview sur un média algérien que l’interprète personnelle du président Bouteflika, Hafida Benchehida, a fait sursauter tout le monde dès la première phrase prononcée ! Elle a parlé du président Bouteflika au passé simple : كان الرئيس : « Le président maîtrisait les langues et comprenait bien la langue anglaise ….»…« le président fut extrêmement exigeant… ».

Un lapsus révélateur ou des propos maladroits, dans les deux cas, Hafida Benchehida a malgré elle levé un voile sur la possible vraie mort du président Bouteflika qui n’est plus apparu sur les écrans de télévision depuis un bail, et quand c’était le cas, ce fut  au moyen d’images d’archives ou via des montages sophistiqués.

Aucun média algérien basé en Algérie n’avait osé relever cette bizarrerie qui pourtant sautait aux yeux et aux oreilles de prime à bord. Ils se sont hâtés à jouer le jeu de Madame l’interprète en mettant en exergue naïvement ou pas, « les révélations sur les multiples qualités de leur président « . Mais au-delà de l’hypothétique décès de Bouteflika, l’interprète , elle , qui ne semblait pas maitriser les mots ou du moins leur sens, est arrivée à vanter sa propre maitrise des langues et c’est là son exploit car réussir à voler la vedette à A. Bouteflika serait-ce pendant quelques picosecondes, est un exercice extrêmement difficile. Elle dira d’elle : « je traduisais pour le président  l’anglais, l’espagnol et l’italien ». Autrement dit ses langues sources et ses langues cibles sont l’anglais, l’espagnol, l’italien, le français et l’arabe !

Quant aux supposées révélations, Hafida Benchehida n’en a fait aucune, en revanche elle a débité, sans doute maladroitement ou innocemment, quelques mensonges. Nous apprenons avec stupéfaction que le président Bouteflika était ès-lettres en français et en arabe « Le président était spécialisé en littérature française et arabe » avait-elle précisé lors de la même interview. Pourtant le monde entier est au courant que Monsieur Bouteflika n’avait pas fini ses études secondaires.  Et pour sublimer un petit chouia son président, l’interprète ajoutera que A. Bouteflika est polyglotte, or selon des amis très proches de A. Bouteflika, hormis le français et l’arabe, le président baragouine un peu l’anglais, et déchiffre grossièrement quelques mots d’espagnol.

En tout cas, s’il y a une langue que les barons du régime algérien et leurs larbins maitrisent à la perfection, c’est bien la langue du mensonge ( khorti) et s’il y a un diplôme que tous les chefs d’état algériens ont pu obtenir c’est celui de ès dictature.

CNP NEWS