Comme tout le monde le sait, avant son retour de sa traversée du désert, Abdelaziz Bouteflika vivait entre Paris et Dubaï. Il occupa, entre autres, le poste de conseiller du Prince de l’Emirat de Dubaï, il profita amplement des largesses et de la générosité de son employeur émirati et du pactole qu’il avait détourné quand il était en charge du portefeuille du ministère des affaires étrangères.

Les appartements HLM

Ses frères et sœurs restés en Algérie, vivaient dans des habitations à loyer modéré et passaient leur été à la villa de Zéralda, un bien public que leur frère aîné Abdelaziz s’est approprié dans les années 70’.

Fort d’un bac math décroché en 1976, Saïd B obtient une licence en sciences exactes en 1981. Il va par la suite tenter d’arracher un poste d’assistant à l’Université de Babzouar avant de désespérer pour rejoindre en 1983 son frère Abdelaziz déserteur, déjà installé à Paris après avoir été évincé par la Muette pour détournement de fonds.

Octobre 1988

Aujourd’hui, Saïd Bouteflika laisse dire qu’il est titulaire d’un doctorat de 3ème cycle en informatique de l’université Pierre et Marie Curie (Paris VI), une information à prendre avec des pincettes car nous n’avons pas pu vérifier la véracité.

En revanche, ce dont nous sommes certains, c’est que les enfants prodiges ont pu enfin se réinstaller en Algérie dès 1987. Cette année – là les Bouteflika pouvaient enfin retourner en Algérie. Des sources généralement bien informées ont indiqué à notre rédaction que les Bouteflika ne seraient pas tout à fait étrangers aux évènements d’octobre 1988.

Madame M

Saïd Bouteflika trouve très vite une place d’enseignant, s’autoproclame militant des droits de l’Homme et se positionne comme défenseur des valeurs de gauche et va se frotter aux syndicalistes de l’université de Babzouar.

Il va occuper un appartement à El Biar dans le même immeuble que son frère Abdelaziz et il aura comme voisine une femme d’un Chahid qu’on appellera ici Madame M. Elle vivait avec ses 3 enfants et travaillait comme coiffeuse dans son propre salon.

Les deux familles se lient d’amitié et Madame M. qui a bénéficié comme beaucoup de femmes de chahid d’une aide financière, n’avait pas vraiment de soucis d’argent. Elle a su fidéliser une clientèle de haut vol, des privilégiés de l’époque et les familles de représentants diplomatiques notamment.

Saïd plein de tacts

Il faut avouer que Saïd B. comme tous ses frères et sœurs, avait beaucoup de tacts, il savait parler avec respect aux dames, il a su installer très vite une relation de confiance avec sa voisine et ses enfants. Un jour notre homme frappe à la porte de la coiffeuse, gêné et mais décidé, il se lance directement : «Madame comme vous savez le secteur de l’enseignement ne rend pas riche ceux qui ont choisi par défaut de s’y engager, je vous avoue que parfois j’ai du mal à boucler les fins de mois. » La patronne du salon de coiffure a compris et a bien voulu le dépanner, après tout, les voisins ça sert aussi à s’entraider.

Saïd et l’argent

Selon la fille aînée de la coiffeuse, sa mère a avancé de l’argent plusieurs fois à Saïd B., le rituel est devenu donc récurent, au point d’agacer sa voisine car non seulement il ne lui rendait pas l’agent déjà emprunté mais il en redemandait encore avec à chaque fois la promesse de lui rendre son dû.

Il faut savoir que les Bouteflika aiment l’argent et ils aiment mener la belle vie quitte à dépenser plus qu’ils ne gagnent et peu importe les moyens d’en procurer ! Ce n’est donc pas anodin qu’Abdelaziz Bouteflika ait détourné des fonds publics alors ministre sous Boumediene. Ces fonds n’étaient qu’un hors d’œuvre, le gros magot aller suivre à son retour en 1999.

La fille de Madame M.

Ce n’est qu’en 2003 que la fille aînée de Madame M. a décidé d’ébruiter cette affaire. Elle a assuré que Saïd B. n’avait toujours pas remboursé ses dettes. Très amère, la jeune femme raconte que sa mère avait tenté à deux ou trois reprises de joindre Saïd Bouteflika devenu entre-temps, Conseiller spécial de son frère président, mais précise-t-elle, sa mère avait essuyé à chaque fois une fin de non-recevoir. Selon sa fille, Saïd B. a instruit sa secrétaire de dire à Madame M. que son nom ne lui disait rien et qu’il n’avait pas souvenir de l’existence de cette dame.

Le petit prince

L’ancien assistant à l’université de Babzouar qui n’arrivait pas à joindre les deux bouts est devenu l’homme le plus craint dans l’Algérie du 21ème siècle, il brasse des milliards, il roule dans des voitures blindées entouré d’une garde rapprochée et d’un personnel qui lui obéit au doigt et à l’œil. Il fait et défait les ministres, il vit dans le faste et l’opulence, et comme dans un conte de fée, il mène la vie d’un petit prince. Son fabuleux destin le doit à un peuple frappé par l’amorphisme et la lâcheté, un pouvoir corrompu et une opposition effarouchée.

CNP NEWS.