Par Ferhat Ait Ali

Il faut faire attention aux mots, car ils ne sont pas innocents, ceux qui parlent de crise financière, pour décrire la situation algérienne, qui est en crise permanente et structurelle dans les faits, et surtout en crise de valeurs et de gouvernance depuis sa genèse. Ils ne font cela pas par hasard, même s’ils sont suivis à la trace par toutes sortes de ténors du bobard, aux compétences hasardeuses et usurpées.

Parler de crise financière, sous-entend un événement imprévu, dû à un facteur exogène, ayant perverti une situation idyllique en cauchemar dans une économie bien dirigée et qui aurait pu être un bon modèle sans cet événement.

Or cette vision des choses est non seulement est fausse, même dans les économies structurée et avancées, dans la mesure où les crises majeures sont cycliques et le fruit des cheminements qui ne pouvaient mener qu’à ces crises

Mais encore plus faux dans le cas Algérien, ou les ingrédients de la faillite programmée étaient dans la présence d’argent plus que dans son absence

L’Algérie a cessé d’avoir une économie depuis les années 80, car une économie c’est avant tout une vision, des règles, des plans et des résultats, et non pas des pirouettes en guise de lois, des fumisteries en guise de plan, et des combines en guise de vision, avec les résultats que tout le monde connait.

Dire que cette crise est Financière, revient à reconnaître de facto que la gestion d’avant la chute des revenus était des plus efficientes, et que si d’aventure les revenus devaient ré affluer, ce serait grâce aux nimbus locaux, alliés aux prédateurs de tous poils, et qu’une reprise de la même politique serait dans l’ordre des choses.

D’ailleurs celle-ci n’a jamais été abandonnée, en dehors des manœuvres erratiques de destruction de ce qui reste comme chances, en essayant d’orienter les gouttes qui restent vers les plus proches copains et conquis, par des cercles concentriques de plus en plus rétrécis.

Un sinistre charlatan, ayant dû convaincre les auteurs de ce désastre moral, politique et économique, que les cours du pétrole vont remonter sensiblement, pour bien les planter cette fois dans la boue.

Certains ont décidé de donner cette dénomination au phénomène de mise à nu, d’une politique inexistante dans tous les domaines possibles et imaginables, histoire de reprendre la même gabegie à grande échelle, une fois leurs espoirs de retour de la manne exaucés.

Pour cet espoir, ils peuvent boire un verre d’eau, dans la mesure ou ce qui se passe actuellement sur les marchés pétroliers, relèvent aussi bien d’événements conjoncturels peu fiables dans la durée, mais aussi d’une prise en main de quotas de parties mise en difficulté par les américains sous le parapluie de cours très attractifs pour les schistes et même pour les sables bitumineux.

Et quand ils arriveront à des quantités suffisantes sur les productions piquées aux autres, ils lâcheront leurs victimes du moment, qui reviendront se tirer mutuellement dans les pattes, pour survivre au tsunami des prix repartis à la baisse.

Quand à dénommer le résultat de 40 ans de gabegies et de gestion par des bandes rivales d’une rente, ayant servi à construire de fausses fortunes, et à créer des carrières fumeuses et de compétences encore plus fumeuses. C’est un Culot, que ne peuvent avoir que les adeptes de la gueule blindée comme unique atout dans la vie.

Nous sommes en crise dans tous les domaines de la vie, et surtout en crise de confiance et de morale politique, qui sont toutes les résultantes prévisibles et obligée, de la propulsion progressive de composantes de la société relevant de la délinquance primaire, vers les cimes de la décision à tous les niveaux, en élaguant les dernières compétences qui traînent encore dans les institutions, par milliers de têtes par année.

Et les différentes réincarnations des Daltons, suivies par quelques incarnations de Rantanplan, viennent nous bassiner avec des concepts foireux, comme une crise financière, dans un pays qui imprime des chèques pour dilapider des dollars.

Comme si les Daltons convainquaient la ville qu’ils prennent en otage, que la crise est dans le manque de butin dans la banque qu’ils veulent attaquer, et non dans leur présence en ville et surtout leurs projets foireux.

Ferhat Ait Ali