Condamné à 20 ans d’exil fin 1978, l’homme ne pouvait plus rouler les ‘ R’ publiquement, lui le moulin à parole. Il a juré sur tous les cieux qu’il rattrapera son silence forcé. C’est Jean – Pierre El Kabbache qu’il avait choisi au milieu de de son deuxième mandat pour se confesser. Dans la vie, ils se disent amis et compatriotes, ils se tutoient en privé. El Kabbache étant un juif algérien d’Oran avait rejoint la France au lendemain de l’indépendance mais avait gardé intactes quelques amitiés algériennes.

C’est la journaliste Lila Haddad alors correspondante du quotidien d’Oran qui révèlera dans son article, une confidence qu’Abdelaziz Bouteflika avait fait à Jean-Pierre El Kaddache lors d’une interview sur TV5. Il ne quittera pas le pouvoir vivant, et que sa dernière volonté serait de consacrer toute sa vie au service de la nation « Mourir président sera pour moi l’ultime récompense ! » Lire ici l’entièreté de l’article : http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5116783&archive_date=2009-03-11

Il va sur ses 81 ans, il est encore là en chair et en os mais l’AVC a eu raison de lui dès 2013. Le président est immobilisé sur une chaise roulante, le regard hagard mais les mains ne suivent plus et la voix chevrotante n’est plus audible que par quelques privilégiés. Abdelaziz Bouteflika passe le clair de son temps allongé dans un lit médicalisé, tantôt conscient, tantôt mis en sédation ( coma artificiel) afin de lui éviter les atroces douleurs durant son alimentation à l’aide d’une sonde reliée à un appareillage très sophistiqué. Les infirmières lui administrent, sous le regard attentif de ses médecins, des nutriments directement dans son duodénum. Il faut dire que son appareil digestif est totalement défaillant.

Pendant ce temps la France s’impatiente. L’Élysée s’informe par mille une façon. Un défilé incessant de diplomates, d’hommes politiques, d’hommes d’affaires, de militaires, d’agents de la sureté, des experts, des médecins est enclenché et quand les comptes rendus donnent à gratter les méninges, ce sont les chefs d’états qui se déplacent en personne pour avoir le cœur net.

Si le président Bouteflika est toujours aphone, la dernière visite éclair d’Emmanuel Macron était très parlante. Le président français a voulu voir pour y croire. Il ressort que l’Algérie est livrée à elle-même, une situation qui rappelle l’époque d’un certain Dey vaincu qui n’avait pas eu mieux à faire pour sauver sa peau que de rendre les clés de l’ancienne régence d’Alger, un mini état autonome intégré à l’Empire ottoman dont l’existence, de 1515 à 1830, a précédé la conquête de l’Algérie par la France. En arabe AYYALA, voilà ce qu’était l’Algérie d’avant la colonisation. L’histoire nous dira un jour si Bouteflika a fait de l’Algérie moins qu’une Ayyala dont il aurait remis les clés depuis Zéralda, à quelques centaines de mètres de Sidi Feruch !

La France veut –elle récupérer de nouveau Al Ayyala ou la régenter de loin ? A moins d’un sursaut populaire, on va droit à la soumission.

CNP NEWS.