Hier mercredi vers 17h30 GMT, Al Magharibya, une télévision de droit britannique, inféodée au FIS dissout, a diffusé un reportage sur la problématique du logement à Batna, à l’Est de l’Algérie.

A partir d’images tournées à Batna, la chaîne a réalisé un montage centré sur des réactions de jeunes hommes se plaignant de discrimination. Ils pensent que le service de logement de leur ville, Batna, distribue des logements à des jeunes filles célibataires ou divorcées moyennant paiement en nature. « عاهرات تمارسن الجنس للحصول على سكن  »

Dans le reportage, la Voice – over du journaliste affirmera que les jeunes femmes de Batna « vendent leur corps contre l’acquisition de logements ». Le reportage s’appuie sur un micro-trottoir réalisé sur place à Batna par le correspondant de la chaîne. Nous verrons alors des jeunes gens en attente d’être logés, confirmer les questions suggestives du journaliste –correspondant. Ce dernier dira et fera dire à ces jeunes gens que les jeunes femmes se prostituent contre l’acquisition de logements et qu’un grand pourcentage de ces logements octroyés seraient occupés par des jeunes femmes âgées de 20 ans en moyenne.

C’est hallucinant ! La chaîne a donné son aval pour diffuser de telles ignominies et aucun responsable de rédaction ou d’administration n’a considéré comme une faute  professionnelle grave un reportage qui accuse une frange de la population algérienne de faits de prostitution sans aucune preuve, ni aucune possibilité de vérification de ces propos calomnieux!

« Le fait d’imputer méchamment et de façon publique à des personnes, un fait précis c’est à dire que les jeunes femmes de Batna se prostituent pour acquérir des logements sociaux, est un fait qui est de nature à porter atteinte à l’honneur de ces jeunes femmes et à les exposer au mépris public. Le journaliste qui en est l’auteur, et la chaine qui a donné l’aval et permis la diffusion du sujet, sont passibles de poursuites. », dira Layla Haddad qui a réagi hier soir énergiquement sur sa page Facebook.

« L’ignorance des principes élémentaires de la déontologie journalistique, doublée d’une misogynie maladive et un islamisme extrémiste, mènent forcément à ce niveau professionnel », s’indignera Layla Haddad.

En clair, il ne s’agit pas d’un malentendu tribal ou régional, il s’agit de lois et de règles minimales à respecter dans le métier de l’audiovisuel. Dans l’affaire qui nous préoccupe, ces regèles n’ont pas été respectées. Un journaliste ou une télévision n’a pas vocation à diffamer impunément.

Hier, la journaliste et activiste féministe Layla Haddad et d’autres défenseurs des Droits de l’Homme, ont exigé d’Al Magharibya de présenter des excuses publiques aux femmes de Batna, tout en l’informant de leur intention de déposer plainte auprès  des autorités britanniques qui régulent l’audiovisuel, l’Ofcom, contre le reportage qui comporte des propos diffamatoires et humiliants à l’endroit des femmes algériennes.

CNP NEWS.