L’Algérie gangrénée par une gabegie généralisée ayant pour origine la corruption à grande échelle, la fuite de l’argent public qui irrigue les paradis fiscaux grâce à la mise en place de structures hyper opaques comme les sociétés-écrans et les trusts, qui permettent aux futurs algériens de blanchir l’argent volé dans des pays insoupçonnés comme le Liban, Israël, Panama, les îles Caïmans, les Bermudes,… notamment.

Après les Panama papers, c’est les Paradise papers qui pointent le doigts sur une cohorte de fortunés algériens connus et moins connus, grâce à l’ICIJ, le Consortium international de journalistes d’investigation qui comprend aujourd’hui plus de 200 correspondants-journalistes dans 70 pays.

Il faut rappeler que le principe dudit Consortium consiste à piocher dans chaque rédaction le nombre d’enquêteurs qui s’impose, dans une confidentialité totale, et choisit les sujets qu’elle veut traiter. Lors de chaque opération (« OffshoreLeaks », « SwissLeaks », « LuxLeaks », « Panama papers » ou « Paradise Papers »), des journalistes algériens d’investigation seront détachés de leur rédaction pour enquêter sur la fortune d’un homme d’affaires particulier, une entreprise, une personne publique….

C’est dans ce contexte que la journaliste Lila Haddad spécialisée en affaires euro-méditerranéennes, qui suit depuis deux ans les activités financières et fiscales de la famille Bouteflika et des nouveaux riches algériens, invite ses confrères algériens de se constituer en Consortium algérien de journalistes d’investigation ACIJ à l’instar de l’ICIJ, le Consortium international de journalistes d’investigation avant de se joindre à ce dernier.

La journaliste a adressé un courrier au directeur du Consortium, Gerard Ryle « Je vous écris pour vous proposer l’idée de fonder un ACIJ qui sera un pendant de la structure mère afin que des journalistes algériens puissent jouer eux aussi leur rôle de faciliteurs d’enquête », explique Lila Haddad dans un passage de sa lettre adressée au directeur de l’ICIJ.

Comme leurs confrères de l’ICIJ, les journalistes algériens membres de la future l’ACJI seront payés par des mécènes et des dons privés, les noms de ces derniers sont publics et disponibles auprès du Consortium.

« Dans la profession, il existe des journalistes tout court, des journalistes engagés et des journalistes résistants. Résistons et engageons-nous à contribuer à tirer l’Algérie des griffes de la mafia politico-financière ! » S’indigne Lila Haddad en dénonçant la complicité et le plat-ventrisme de certains de ses collègues algériens.

Parmi les plus grandes fortunes mal acquises, on épingle Issad Rebrab, Ali Haddad, la famille Bouteflika, Mohamed Athmani, Chakib Khalil, Abdelghani Djerrar, Mohamed Seddik, Lotfi Nezzar et la fratrie BESSA que sont Farida BESSA, la directrice de la Communication à la Présidence, son frère Djamel BESSA, directeur général de la CNEP, Nadira Bessa, PDG de BESSA PROMOTION, précise un journaliste algérien déjà membre de l’ICIJ.

Ferhat Ait Hocine.