Alors que les experts économiques et financiers de tout poil focalisent sur la faisabilité de l’utilisation de la planche à billets pour sortir de la crise économique et financière aigüe dans laquelle le « programme virtuel de fakhamatouhou » a empêtré l’Algérie, CNPNEWS met l’accent sur le processus et le coût d’impression des dinars en billets de banques et monnaie métallique .

Éclairage sur les buts de la planche à billets.

Les spécialistes en la matière indiquent qu’un des principaux buts de la planche à billets est le rachat de la dette publique des États surendettés : le laxisme monétaire rejoint le laxisme budgétaire, en l’amplifiant dans une spirale destructrice. La planche à billets est la façon qu’ont choisie les étatistes de diluer leur responsabilité en faisant subir à l’ensemble des utilisateurs de la monnaie les conséquences de leurs propres erreurs. Loin d’être un outil capitaliste, c’est un outil collectiviste qui permet de collectiviser les pertes et l’irresponsabilité, les bénéfices restant au profit d’une oligarchie, une nomenklatura, comme en ex URSS et aujourd’hui en Algérie .

L’intérêt du procédé est qu’aussi bien les bénéfices que les déficits ne sont pas immédiatement ni facilement visibles à l’œil non exercé, ni aisés à rattacher à leur cause originelle, même si les effets n’en sont pas moins sensibles (hausse des prix de certains actifs, enrichissement injustifié de quelques grandes entreprises, grandes banques ou oligarques).
Une autre finalité de la planche à billets est la prétendue « relance » de l’économie. Dans sa forme la plus extrême, la banque centrale pratique l’helicopter money : l’hélicoptère monétaire distribue le nouvel argent directement à la population, espérant stimuler ainsi l’économie.  »

Mais qu’en est-il par exemple de la faisabilité de la capacité de production à l’impression des billets réels ? Quoique paradoxal, c’est une question centrale que de savoir comment trouver l’argent pour financer la fabrication de nouveaux billets pour remplacer les vieux billets incinérés, détournés, thésaurisés, etc…
La banque de France consacre environ la moitié de sa capacité de production à l’impression de billets d’autres monnaies étrangères destinés à une vingtaine de pays étrangers dont l’Algérie.

Comme tout le reste, l’Algérie importe ses dinars

L’Algérie importe à un prix ne défiant aucune concurrence le papier fiduciaire pour imprimer localement à peine 10% de ses besoins en billets de banque. Elle achète à des sociétés allemandes, françaises, belges et même autrichiennes, les matières premières tels que papier, encre, fils, et bien entendu les équipements.

A la question de savoir la nature du partenariat franco-algérien en termes d’émission de billets de banques, un fonctionnaire de la banque de France répond : « La Banque de France est un acteur de référence sur le marché fiduciaire international. Elle consacre environ la moitié de sa capacité de production à l’impression de billets d’autres monnaies étrangères destinés à une vingtaine de pays étrangers dont l’Algérie » et de poursuivre ; « Notre prestation ne se limite pas à la simple fourniture de billets, elle met également au service de ses banques centrales clientes : son expertise fiduciaire L’analyse de l’authentification des signes monétaires de sécurité, assistance dans la mise en place de laboratoires d’analyse des contrefaçons, de communication, etc…).
A la question relative aux coûts de fabrication, l’interlocuteur s’est tenu au secret. Il a néanmoins indiqué que le secteur privé de la fabrication de papiers fiduciaires a largement la part belle. « Il faudra aller demander ces détails aux responsables de ce secteur », conclura-t-il.

Officiellement, l’Algérie conçoit et émet des pièces de monnaie depuis 1988 et les billets de banque depuis 1964, date à laquelle a été créée la Maison des monnaies. C’est au niveau de la Banque d’Algérie que les commandes de billets de banque et monnaie divisionnaire (monnaie métallique) sont effectués sur la base de réservations effectuées par les trésoreries centrales des banques et autres institutions financières.

Pour être clair, aucun intrant ou presque n’est algérien à 100%. Les usines algériennes assurent l’émission de 10% de billets mis en circulation, tout le reste est fabriqué à l’étranger depuis 1962. L’Algérie commande aussi le papier fiduciaire pour imprimer les billets, ce papier comporte déjà les trois signes de sécurité (bande holographique, filigrane et fil), nécessaires pour la sécurité du billet. Elle importe tous les équipements et produits y compris l’encre indélébile pour le coloriage des billets. Certains dessins sont réalisés par des peintres algériens, citant ici feu M’hamed Isiakhem, le père de la peinture sur papier fiduciaire. Le reste des illustrations sont réalisées par des dessinateurs étrangers.

Les usines algériennes réalisent néanmoins le montant, ainsi que les numéros des billets sur des planches à billets de marque allemande, française, suisse, autrichienne et belge notamment. La société allemande A. Muller, fut le premier exportateur de presses monétaires à la première petite usine algérienne entre 1963 et 1965 pour marquer symboliquement la souveraineté de l’Algérie. Actuellement, La KBA de Würzburg, en Allemagne et en Autriche assure la fabrication des presses monétaires.

Avec l’avènement d’Abdelaziz Bouteflika au pouvoir ne jurant que par la France, il a favorisé les sociétés françaises dans l’octroi de ce marché combien sensible au détriment des allemands, suisses, autrichiens et belges. Pis, les sociétés françaises sous-traitent avec des sociétés roumaines et d’autres pays de l’Est, ce qui leur permet de réduire drastiquement le coût et d’augmenter les bénéfices puisque les produits vendus à l’Algérie sont alignés sur les prix de la concurrence des sociétés de l’Europe de l’Ouest.

S’il y a une question qui brulent les lèvres de l’Algérien averti ou profane, ce serait celle-ci : Monsieur Bouteflika combien coûte au peuple la pléthore de billets de banque que vous fabriquez pour Votre République bananière en totale déchéance ?

CNPNEWS.