Le discours surprise d’Ahmed GAID-SALAH

« Je sais ce qui s’est passé en 1988, en 1992, en 1999, Je vois ce que vous avez voulu faire. Je vois que la route que vous avez ouverte, c’est celle de la rénovation et de la fraternité.

Je dis la rénovation à tous égards. Mais très justement vous avez voulu que celle-ci commence par le commencement, c’est-à-dire par nos institutions, et c’est pourquoi me voilà. Et je dis la fraternité parce que vous offrez ce spectacle magnifique d’hommes qui, d’un bout à l’autre, quelles que soient leurs régions, communient dans la même ardeur et se tiennent par la main.

Eh bien ! De tout cela, je prends acte au nom de la République et je déclare, qu’à partir d’aujourd’hui, la République Algérienne considère que, dans toute l’Algérie, il n’y a qu’une seule catégorie d’habitants : il n’y a que des Algériens à part entière, des Algériens, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs.

Cela signifie qu’il faut ouvrir des voies qui, jusqu’à présent, étaient fermées devant beaucoup.

Cela signifie qu’il faut donner les moyens de vivre à ceux qui ne les avaient pas.

Cela signifie qu’il faut reconnaître la dignité de ceux à qui on la contestait.

Cela veut dire qu’il faut assurer une patrie à ceux qui pouvaient douter d’en avoir une.

L’armée, l’armée algérienne, cohérente, ardente, disciplinée, sous les ordres de ses chefs, l’armée éprouvée en tant de circonstances et qui n’en a pas moins accompli ici une œuvre magnifique de compréhension et de pacification, l’armée algérienne a été sur cette terre le ferment, le témoin, et elle est le garant, du mouvement qui s’y est développé.

Elle a su endiguer le torrent pour en capter l’énergie, Je lui rends hommage. Je lui exprime ma confiance. Je compte sur elle pour aujourd’hui et pour demain.

Algériens à part entière, dans un seul et même collège ! Nous allons le montrer, pas plus tard que dans trois mois, dans l’occasion solennelle où tous les Algériens, y compris les 10 millions d’Algériens de l’étranger auront à décider de leur propre destin.

Pour ces 10 millions d’Algériens de l’étranger, leurs suffrages compteront autant que les suffrages de tous les autres car ils sont aussi algériens à part entière.

Ils auront à désigner, à élire, je le répète, en un seul collège leurs représentants pour les pouvoirs publics, comme le feront tous les autres Algériens.

Avec ces représentants élus, nous verrons comment faire le reste.

Ah ! Puissent-ils participer en masse à cette immense démonstration, tous ceux de nos villes, de nos villages. Puissent-ils même y participer, ceux qui, par désespoir, ont cru devoir mener sur ce sol un combat dont je reconnais, moi, qu’il est courageux… car le courage ne manque pas sur la terre d’Algérie !

Oui, moi, Gaid-Salah, à vous tous, j’ouvre les portes de la vraie réconciliation.

Jamais plus qu’ici et jamais plus qu’aujourd’hui, je n’ai compris combien c’est beau, combien c’est grand, combien c’est généreux, l’Algérie !

Gloire à nos Martyrs !

Vive la République !

Vive l’Algérie ! ».

CNP NEWS

Ah ! Si c’était vrai…