Les Algériens ont toujours aimé faire différent mais dans la médiocrité. Pendant que le monde bouge, s’ouvre, s’adapte, se transforme, l’Algérie se ferme et s’immobilise. A qui profite le recul de l’apprentissage de la langue française en Algérie ? Au régime dictatorial d’Alger évidemment !

Il est clair, net et précis que la manœuvre entamée au lendemain de l’indépendance consistant à laminer l’usage de la langue française est une démarche étudiée ou du moins  imitée.

Tout comme l’administration coloniale, maintenir les indigènes analphabètes en français, c’est s’assurer plus de pouvoir, plus de contrôle et plus de sécurité.

L’administration Bouteflikienne a fait mieux, les Algériens sont passés d’indigènes à sujets, non pas des sujets au sens grammairien, où ils occupent une position de prééminence, mais sujets au roi Bouteflika, dépendant, soumis aux bons vouloirs de Ramsès I, et demain si l’on reste les bras croisés, Ramsès II reprendra le flambeau.

En Algérie, la langue française est devenue la langue des riches et des futurs Ramsès. L’Administration de Bouteflika a fait mieux que son bourreau, car la France enseignait au moins correctement les rudiments de la langue française.

Si rien n’est fait aujourd’hui, les enfants d’Ali Haddad, de Badreddine Tliba et de Nacer Bouteflika seront les détenteurs du pouvoir en Algérie. Ils sont déjà au moins trilingues : français, anglais et espagnol. Ils ont appris ces langues dans les discothèques et en séjournant dans leurs résidences secondaires à Paris, Nice, Londres, Dubaï ou encore Benidorm.

Pour les détenteurs du pouvoir, la langue arabe, c’est pour les bouhayoufs, pour les adeptes d’Ali Benhadj, les bombes à retardement qui servent d’alibi au régime pour perdurer.

Le régime de Bouteflika n’a même pas besoin de dégager un budget pour déconstruire le cerveau de l’élève algérien, avide de savoir parler des langues européennes. Il n’a pas besoin de dire tout le mal qu’il pense de la langue française à travers les télévisions de «  kawar Wa ati Laâwar , كور و اعطي للعور, non même pas ! Il a un relais, un haut-parleur, qui ne lui coûte rien. Des personnes ressources à Al Magharibya, la chaîne du FIS, basée à Londres et à Paris, font la sale besogne en proposant même une langue de substitution, l’anglais !

Combien de générations faut-il sacrifier pour que l’algérien lambda puisse s’exprimer correctement en anglais ? 100 ans au moins, puisqu’ après 50 ans d’arabisation intensive, n’ont pas suffit au lambda de parler en arabe malgré tout ce qu’on voulut faire véhiculer comme idéaux autour de cette langue, en étant, notamment, la langue du Coran*, la langue de *Sîbawih, comme si Dieu allait envoyer son livre à la presqu’île arabique, en amazigh ou en espagnol !

Lila Haddad.

 

*Sîbawayh (en persan : سيبويه, Sibawayh) est un grammairien de langue arabe et d’origine perse, né probablement à Bayzâ près de Chiraz aux environs de 760 et décédé jeune, entre 32 ans et la quarantaine, vers 796 dans le Fars.

*La révélation du Coran, qui débute en 609, durera 22 ans, c’est-à-dire jusqu’à la mort du prophète.