Un élément pour le moins étrange, l’APS, l’agence de presse algérienne avait annoncé le 8 juin 2017 qu’Emmanuel Macron se rendra officiellement en Algérie dans les toutes prochaines semaines, sans préciser de date. Elle a indiqué que M. Bouteflika aurait eu un entretien téléphonique avec Emmanuel Macron et là aussi sans préciser le prénom ou la fonction de « M. Bouteflika », ce qui a amené des observateurs algériens à se demander si l’entretien téléphonique a eu lieu avec Saïd ou avec Abdelaziz, sachant que le président Bouteflika est quasiment inaudible.

Qui recevra Macron en Algérie ?

A quelques semaines de la visite du président français en Algérie, une question s’impose : N’ayant pas d’homologue en Algérie, qui recevra Emmanuel Macron à la place d’Abdelaziz Bouteflika ? Ce dernier de plus en plus diminué, passant d’un état comateux à un état d’éveil au caprice de ses pathologies, ne sera ni en mesure ni à la hauteur de recevoir le chef de l’état d’un pays avec lequel l’Algérie entretient d’intenses relations.

 Pourquoi Macron a choisi de se rendre à Rabat avant Alger ?

Le rédacteur-en-chef international du Journal du Dimanche, JDD, François Clemenceau, explique les raisons pour lesquelles le président français a fait le choix de se rendre au Maroc avant d’aller en Algérie, alors que selon la tradition, c’est toujours les algériens qui ont la primauté.

Pour rappel, les présidents français, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande avaient choisi l’Algérie pour leur premier déplacement au Maghreb. Pour Emmanuel Macron ce sera le Maroc !

Les experts considèrent que la visite d’amitié et de travail à rabat était avant tout « stratégique », ils pensent que les rapports avec le Maroc sont moins difficiles qu’avec l’Algérie. Une autre explication, c’est qu’Emmanuel Macron est d’une autre génération que ses prédécesseurs et qu’il n’a pas vraiment connu la guerre d’Algérie.

Le Maroc possèderait de meilleures informations sur les filières islamistes

Une Autre raison évoquée par le François Clémenceau, la question du terrorisme, qui est au centre de la coopération entre le Maroc et la France. « Le Maroc possède les meilleures informations sur les djihadistes du Sahel et sur les filières islamistes qui partent du Maghreb vers l’Europe. Avec l’Algérie, les choses sont plus opaques, parfois même plus sournoises », affirme François Clemenceau, notant que le Roi Mohammed VI a mis en place les premiers instituts de formation d’imams pour la région, « sur la base d’un islam tolérant, premier pays musulman proche de la France à faire de la déradicalisation une cause majeure ».

Il faut noter aussi que les relations économiques entre les deux pays ne cessent de se développer. Le Maroc s’est doté d’une loi des investissements étrangers très incitative et possède une excellente expertise dans le domaine de la PME, PMI.

Ferhat Ouldhoucine.