A-t–il vraiment boudé le poste d’ambassadeur à Paris ? Pas si sûr, Ramtane Lamamra, ancien ministre algérien des affaires étrangères, qui a été limogé à la grande surprise des siens et de ses partenaires étrangers en mois de mai dernier, n’espère pas grand-chose, mais attend qu’une proposition tombe du plafond blanc immaculé d’El Mouradia.

L’homme n’est pas aussi abattu que certains le pensent ou le disent. « Après avoir accusé le coup, il a relativisé et s’est même réjouit que son successeur est loin de l’égaler. Messahel ne lui arrive pas à la cheville ! », affirme un jeune énarque par loyauté à l’ancien ministre des affaires étrangères.

Ambassadeur auprès de l’Union européenne à Bruxelles ?

Mais que pense Ramtane Lamamra du poste d’ambassadeur auprès de l’Union européenne à Bruxelles ? Il n’accepterait jamais de devenir le subalterne d’Abdelkader Messahel, l’humiliation serait trop forte, d’autant plus qu’entre lui et Federica Mogherini, la haute représente de l’Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité, se sont développés des atomes crochus. L’homme était jovial, courtois et séducteur même si la belle ritale a déjà une vie bien rangée.

En couvrant les visites de Ramtane Lamamra, la presse algérienne inféodée au régime en place, le gonflait à bloc, le qualifiant d’homologue de Federica Mogherini. Ce qui est bien entendu archi faux. L’Union européenne n’étant toujours pas dotée d’une politique étrangère commune, est encore loin de présenter au reste du monde un ministre unioniste des affaires étrangères.

Lamamra atteint jusqu’à dans sa chair, va être évacué à l’hôpital militaire de Ain Naâdja

L’épée de Damoclès que Ramtane Lamamra n’a pas vu venir, elle se concoctait dans la résidence privée de Saïd Bouteflika. Il faut savoir que l’homme fort qui a confisqué le pouvoir et pris son frère en otage, est connu pour être très susceptible et très impulsif, il suffit de presque rien pour qu’il coupe les vivres sans prévenir, mêmes aux plaventristes.

Pour boucher les interstices des petites imprudences de Lamamra, le benjamin de la fratrie des Bouteflika, le tristement célèbre Saïd Bouteflika, épaulé par la non-personne d’Ahmed Ouyahia (soulignons ici qu’Ouyahia ne supporte pas d’être rivalisé par un autre kabyle de service), va d’abord provoquer en catimini, quelques rencontres informelles entre Federica Mogherini et Abdelkader Messahel, alors ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue des États arabes, afin de damer les pions à Ramtane Lamara. Ce dernier ne s’est pas douté de ce qui se tramait derrière son dos, jusqu’à la rencontre officielle organisée en plein jour entre Mogherini et Messahel intervenue le 8 avril 2017 à Alger. Le sérail a alors décidé que le diplômé du CFA est fin prêt pour rafler la place du diplômé de l’ENA. Le 25 mai 2017, la nouvelle est tombée comme un coup de massue, Lamamra atteint jusqu’à dans sa chair, va être évacué à l’hôpital militaire de Ain Naâdja, pour recevoir les premiers soins.

La France n’est jamais trop loin, ses navires peuvent à tout moment accoster au port de Sidi Ferruch

Ainsi va le pays sans capitaine de navire. Un pays affaibli sans perspectives. Un pays sans chef d’état, sans parlement élu, sans gouvernement légitime, sans justice indépendante et sans presse libre. Ces 4 pouvoirs sont concentrés entre les mains d’un seul homme, qu’un jour, un ancien Général à la retraite avait qualifié de « malade mental ».

Que la grande muette sorte de ses casernes pour faire de Saïd Bouteflika l’imposture qu’une bouchée ! Les navires de la France ne sont jamais trop loin, ils peuvent à tout moment accoster au port de Sidi Ferruch comme ce fut le cas le 5 juillet 1830. Le Dey Saïd aura accompli sa mission en confiant les clés du pays d’Abane Ramdane à la France anciennement ennemi, devenue l’alliée incontournable des Bouteflika.

CNP NEWS.