Maurice Audin avait 25 ans en 1957. Il était un brillant mathématicien, il devait présenter une thèse (elle le sera à titre posthume). Membre du PCA (Parti communiste Algérien), il est arrêté par les paras le 11 juin 1957, et disparaîtra le 21 juin 1957. Le président français, Emmanuel Macron, lors d’une conférence de presse au siège de Média Part avait promis de faire toute la lumière sur ce sujet.

Des sources proches de la famille Audin et sous le sceau de la confidentialité, ont affirmé au correspondant de CNP NEWS que le Président français, Emmanuel Macron, a appelé Josette Audin, la veuve du Martyr Maurice Audin.

Emmanuel Macron qui avait donné sa parole d’engager des actes forts sur l’histoire de cette période de son pays, l’a donc bien tenue. Il a répondu favorablement à l’appel lancé par la Ligue des droits de l’homme, le site Mediapart et le journal l’Humanité, avec « les Amis de l’Humanité », et signé par 171 personnalités.

Les signataires de l’appel demandaient au Président Macron d’accomplir un geste fondateur en recevant Josette Audin et à s’engager à tenir sa promesse.

Les sources qui se sont confiées au correspondant de CNP NEWS, n’ont pas souhaité donner de détails de l’entretien téléphonique qui a eu lieu entre le président Macron et Josette Audin.

CNP NEWS.

Quelques hypothèses sur la disparition de Maurice Audin :

Selon Henri POUILLOT, ingénieur retraité et témoin de la Guerre d’Algérie, de la torture et militant pour les droits de l’homme, il existe 3 versions quant à la disparition de Maurice Audin.

  1. La Version officielle :

Personne ne la croit. Personne n’ose plus défendre : Maurice Audin se serait évadé le 21 Juin 1957. Selon le rapport officiel réalisé par le Lieutenant Charbonnier, son tortionnaire, lors d’un transfert.

2. Enquête du Comité Audin :

Sous la Direction de Pierre Vidal-Naquet, historien, très impliqué dans la Guerre d’Algérie (il fut l’un des tous premiers intellectuels à dénoncer institutionnalisation de la torture dans cette période), la thèse défendue serait que Maurice Audin serait mort sous la torture le 20 juin, et que le Lieutenant Charbonnier revêtu d’une cagoule, simulera une évasion le lendemain. Cette mise en scène ayant pour but de tenter de rendre crédible et « justifier » cette disparition. Jusque très récemment, c’était la version généralement admise.

Mais cette version n’est pas complétement satisfaisante parce qu’il y a plusieurs incohérences, manques, dans le déroulement ainsi « reconstitué ». Certes Charbonnier a été l’un de ses tortionnaires, il a été très certainement le para qui a « joué » le rôle de Maurice Audin s’évadant, permettant d’accréditer la thèse officielle, et comme il est décédé, il ne peut se disculper et cela peut permettre de couvrir un meurtre commis par un officier encore vivant (ou ses subordonnés directs).

3. La bonne version

N’y aurait-il pas une autre version, qui, elle, pourrait être la bonne ?
J’ai plusieurs raisons de le penser puisque la version officielle ne tient pas la route, la version « admise » n’est pas entièrement satisfaisante, un certain nombre de témoignages concordants que j’ai recueilli lors de débats auxquels j’ai participé sur la Guerre d’Algérie les contestent et l’intervention de Jean Delmas, historien, publiée dans la revue « Historia » de février 2007 où il est dit : « il y a bien eu un transfert au cours ou au bout duquel le jeune universitaire a été éliminé », accréditent cette suspicion. Je suis intervenu auprès de Historia à ce sujet, mais n’ai pas reçu de réponse. Je donne le contenu de cette intervention…

Dans les hypothèses qui auraient pu être crédibles, entendues à plusieurs reprises, il aurait pu y avoir un transfert par des militaires du 1er REP de Maurice Audin vers la Villa Susini, en jeeps, sous la direction du lieutenant Charbonnier, le soir du 20 juin 1957. L’alcool aidant, les chauffeurs auraient eu un accident de circulation, ils auraient pensé que l’accident avait été volontairement provoqué pour tenter de faire évader Maurice Audin . Ce dernier aurait alors été criblé de 29 balles de pistolet mitrailleur et le corps jeté dans le « Ravin de la Femme Sauvage ». Un rapport officiel existerait relatant un scénario de cette nature. Les « accidents » de toute nature, principalement dus à des excès de boisson étant si fréquents, en particulier dans ces commandos qui pouvaient tout se permettre, que cette hypothèse était très plausible. Et de toutes les façons, les crimes étaient « maquillés » en accidents.

C’est pour toutes ces raisons que je pose toutes ces questions

Il est fondamental, pour la famille, les amis…, que l’on sache enfin, et le plus vite possible, la vérité. Trois personnes, alors officiers de renseignements à Alger, encore vivants en 2010, qui, obligatoirement, se rencontraient très régulièrement pour échanger leurs informations, connaissent le scénario exact, il s’agit de : le Général Maurice Schmitt, Le Général Aussaresses et le Colonel Bigeard. Le Lieutenant Jean-Marie Le Pen ne devait plus être à la Villa Susini à ce moment-là, mais du fait de ses contacts avec les paras il peut difficilement ignorer les détails de cet épisode. Ils doivent parler, ainsi que les plus hautes autorités de l’armée, de l’Etat. Le Colonel Bigeard a tiré sa révérence en 2010, et, même dans ses mémoires postumes, il ne parlera pas.

La Version cautionnée par Aussaresses

Dans le Livre « Je n’ai pas tout dit » de Paul Aussaresses paru en avril 2008 (témoignages accordés à Jean-Charles Deniau – livre édité par les Éditions du Rocher), ce tortionnaire « dévoile » « ses ultimes révélations au service de la France ».

Il pourra persister, bien évidemment, un doute sur cette nouvelle version, puisque Aussaresses avait toujours déclaré ne rien savoir sur la Disparition de Maurice Audin, et qu’aujourd’hui après avoir entendu la version du scénario décrit par Jean-Charles Deniau, le Général lui répond : « Ça se tient. Rien n’est faux dans ce que vous venez de dire ». Cette nouvelle version est certainement la bonne. En effet, malgré ses déclarations précédentes, il ne pouvait pas ne pas connaître comment cette disparition s’était déroulée. Comme officiers, très impliqués dans la torture à cette époque, il ne reste plus que le Général Schmitt (l’ancien Colonel Bigeard venant de disparaître) qui peut confirmer ou démentir ces révélations parce qu’ils savaient tous, comment la disparition s’est produite. A ce jour, cette version n’a été ni contestée ni confirmée.

Jean Charles DENIAU demande à Aussaresses son avis : « Dans l’équipe du Capitaine Yves de la Bourdonnaye-Montluc, (successeur d’Aussaresses) celui-ci confia à la journaliste Marie-Monique Robin : « Certains membres de l’équipe que j’avais récupérée étaient devenus complètement fous. Ils avaient pris l’habitude de tuer les prisonniers d’un coup de couteau dans le cœur. » En clair : un membre de l’équipe Aussaresses, pris de folie, de boisson, ou grisé par une morbide jouissance de tortionnaire se considérant comme pouvant tout faire, aurait tué Maurice Audin, dont il aurait ensuite fallu se débarrasser pour présenter une version crédible de sa « disparition » aux autorités civiles.

C’est à ce scénario qu’Aussaresses répond que cela se tient et que cela n’est pas faux.

Il est temps que TOUTE la vérité sur ce crime soit enfin confirmée. Le pouvoir a les moyens, avec archives, mais aussi avec Maurice Schmitt le dernier de ces officiers en poste pendant la « Bataille d’Alger » (en dehors d’Aussaresses) de faire enfin la lumière. Jean Marie Le PEN, tortionnaire, responsable de la Villa Susini pendant le début de la Bataille d’Alger, compte tenu de ses relations dans ce milieu, connait également très probablement le déroulement de cette « disparition ». Et puis le capitaine d’alors, Yves de la Bourdonnaye-Montluc, l’officier responsable ayant pris la succession d’Aussaresses SAIT, bien évidemment.

Il s’agit d’une exigence humaine, historique, que la lumière soit enfin faite sur ce sujet.

Depuis le 18 juin 2014, la version officielle a été modifiée, avec un communiqué de l’Elysée : Mais les documents et les témoignages dont nous disposons aujourd’hui sont suffisamment nombreux et concordants pour infirmer la thèse de l’évasion qui avait été avancée à l’époque. M. AUDIN ne s’est pas évadé. Il est mort durant sa détention.

Henri POUILLOT.