Il a voulu testé sa popularité dans un bain de foule préparé scrupuleusement à l’avance. C’est raté ! Si ce n’est sa garde rapprochée, les policiers en civil et en uniforme, le gilet par balle, Saïd Bouteflika, l’homme le plus détesté des algériens aurait été lynché ce samedi 3 juin 2017.

Ce jour – là, des intellectuels algériens se sont donnés rendez – vous devant le siège de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (Arav), pour réclamer la fermeture d’une télévision algérienne, Ennahar, en soutien à Rachid Boudjedra qui avait été il y a quelques jours violenté bassement par des animateurs de la dite chaîne que les algériens exècrent.

Ce qui a cloché de prime à bord dans le Sit-in, c’est le nombre de caméras de l’ENTV, la télévision étatique et ses pendants ainsi que certaines autres télévisions inféodées à Saïd Bouteflika. Ce qui a retenu davantage l’attention, c’est le grand nombre de visages complètement étrangers à la communauté intellectuelle algéroise. Ils se fondus dans la masse.

Ces visages étrangers, d’ailleurs plus nombreux que le reste, sont les hommes de « Monsieur » Saïd, des gardes du corps, des policiers en civil et en uniforme, dont on ne soupçonne presque pas la profession. Les moins visibles sont ceux pointés en retrait dans des endroits stratégiques. Une surveillance maximum digne d’un dispositif pour chef d’état !

Tout était réglé comme l’aiguille d’une montre. On attendait juste que la vedette rejoigne la foule pour entendre la fameuse phrase du cinéaste : « moteur, on tourne ! »

Brusquement, Saïd Bouteflika entre dans la reine avec une assurance sur-jouée et comme par magie, il vole la vedette à Rachid Boudjedra (comme s’il savait faire autre chose que voler), les cameras n’avaient d’yeux que pour lui. Mais de quel trou sort-il ? Pourquoi est-il là ? Pour prêter main forte à Boudjedra ? Pour faire son Mea Culpa au peuple meurtri par 17 ans de Hogra ? Pour soutenir son petit larbin Anis Rahmani, sachant que ce dernier est le directeur exécutif d’une télévision illégitime qui brasse des milliards de centimes grâce à son engraissement par une tonne d’annonces publicitaires offerte par la société étatique qui gère le secteur ?

S’il y a un proverbe populaire qui va comme un gant aux Bouteflika en général et à Saïd en particulier c’est celui-ci : يكول مع الذيب و يبكي مع الراعي .  Il y a une fausse humanité dont il faut se défier autant que de la fausse vertu se nommant hypocrisie.
Il faut rappeler à toute fin utile, que c’est Saïd Bouteflika qui est détenteur de ce média de bas de gamme qui draine des millions de téléspectateurs des classes modestes, ceux dont le salaire moyen ne dépasse pas 100 euros par mois, ceux qui tiennent les murs de la république, ceux qui vendent à la criée des cigarettes en détails sur des tables en carton.

On épingle dans la foule des jeunes militants, des membres du parti de l’opposition « Jil Jadid », ainsi que des curieux que les hommes de Bouteflika ne devaient surtout pas  éloigner du Sit-in pour ne pas capoter le scénario. Fusent alors des insultes avec un ton autoritaire et méprisant, toutes dirigées vers celui qui fait la pluie et le beau temps, le little big man, alias Saïd Bouteflika.

C’est d’abord une militante du parti Jil Jadid qui lance la première balle, Meriem Saïdani, une femme algérienne en qui sommeille une Hassiba Benbouali : « Que viens –tu faire ici ? On n’a pas besoin de ta présence ici », lui crie-t-elle avec un tutoiement humiliant et une voix sûre, l’homme sent que son rêve n’est pas pour ce jour-là ni pour aucun autre jour d’ailleurs.

Meriem ayant donné le « la », des jeunes et moins jeunes enchaînent : Dictateur ! On a pas besoin de toi ici, tu n’as pas le droit d’être ici, …c’est un sit-in contre toi, ….tu ne représentes rien ici…Il y a des fils de chouhada ici…casse – toi…

Si le gilet par balle a réussi à protéger le petit corps de l’homme déjà très entamé par un cancer du pancréas (Allah Yéchafih)*, les balles lancées par les femmes et les hommes libres, telles un carreau d’arbalète, elles ont pénétré son armure faite de chair et de sang.

CNP NEWS.

*Que Dieu le guérisse ! Car le peuple algérien dans sa globalité ne souhaite le cancer à personne fut-elle Saïd Bouteflika.