Il n’y a plus aucun doute, Abdelaziz Bouteflika est totalement « out of order » et c’est son frère Saïd qui dirige l’Algérie à tâtons et avec la complicité passive des contre-pouvoirs civil et militaire. Tout laisse à croire qu’il y’ a feu à la demeure, empressement et précipitation sont les maitres-mots d’une débandade qui annonce une débâcle assurée dans un pays en faillite financière et politique et pas seulement, toutes les valeurs morales qui naguère faisaient envie aux voisins les plus proches, se sont désagrégées tout au long des années de règne des Bouteflika.

Les élections législatives du 4 mai, à peine 10 % de participation, se sont déroulées dans un climat de défiance populaire sans précèdent, les sièges ont été vendus au plus offrant, et les bagarres intestines ont fait de l’Algérie un véritable objet de risée au-delà même des frontières.

Le nouveau gouvernement contre toute attente, s’est constitué sans Abdelmalek Sellal, premier ministre et homme de main des Bouteflika, limogé après 13 ans de figuration, son ministre Abdelmadjid Tebboune prend sa place. Ramtane Lamamra, ex-ministre d’état, ministre des affaires étrangères, un énarque à la longue carrière diplomatique, s’efface lui aussi pour laisser sa place à Abdelkader Messahel, l’homme au diplôme de secrétaire administratif obtenu auprès du Centre de Formation Administratif d’Alger sur base d’un niveau de 1ère secondaire mais force est de constater que les compétences et les diplômes de ce dernier n’ont pas dérangé le sérail contrairement au nouveau désormais ancien ministre Messaoud Benagoun, aussitôt nommé aussitôt viré, pour notamment, diplôme non satisfaisant.

Nouria Benghebrit-Ramoun, la protégée des Bouteflika, celle qui parle l’arabe en verlan, a été maintenue, sans doute, pour faire diversion en remplacement de l’inimitable humoriste Sellal.

Nul ne peut renier que la majorité des ministres algériens qui se sont succédé depuis l’avènement des Bouteflika au pouvoir, a mangé à la louche de la trésorerie pléthorique de l‘état, dans l’impunité totale, sans que Bouteflika et ses nervis ne s’emmêlent les pinceaux, comment oseraient-ils puisque eux-mêmes s’abreuvent de la même soupe, non à la louche mais directement du chaudron !

Telle est l’état d’un pouvoir en fin de vie qui tente de jouer les prolongations en annonçant bientôt un cinquième mandat pour un président aphone, impotent qui est déjà mort dix fois.

Layla Haddad.