Ils ont osé, ils l’ont fait. Nous lisons ce matin sur certains journaux électroniques tendancieux que le nouveau ministre algérien des affaires étrangères, Abdelkader Messahel, maitrisait mieux la communication que son désormais prédécesseur Ramtane Lamamra. « Mais quel mensonge sans vergogne », s’écria avec consternation un ancien diplomate mis récemment à la retraite  !

Il faut être juste et dire que malgré un certain nombre de faux pas, Ramtane Lamamra a mis la barre très haut. Il avait la stature et le poids pour se mesurer à des homologues de grands pays. Il pouvait cerner et contenir celui qui aurait pu être son homologue s’il avait été reconduit, en l’occurrence, le grand loup, Jean-Yves Le Drian, ancien ministre de la défense, fraichement nommé ministre d’état, ministre des affaires étrangères.

« Malgré mon altercation avec Lamamra à Bruxelles, je me dois de reconnaître qu’il était un des meilleurs ministres des affaires étrangères que l’Algérie ait connue depuis son indépendance. L’homme est éduqué, instruit, communicatif, il a une aisance admirable dans le verbe tant en arabe qu’en français. Il avait vite gagné l’estime et le respect des décideurs européens à commencer par la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini. Je regrette et déplore sincèrement son départ. », dira Lila Haddad, journaliste accréditée auprès de l’UE et l’OTAN à Bruxelles.

Les Algériens sont consternés, selon Khaled Ziari, un ancien officier de police à la DGSE:  » AbdelKader Messahel est ministre depuis 1999. Il est le nouveau ministre des affaires étrangères. Il a été exclu de la première année du lycée, il a suivi un stage de secrétaire administratif au centre de formation administrative d’Alger ».

Si cette information se confirme, cela voudrait dire que lorsque les ministres des affaires étrangères issus de pays respectables font l’ENA, l’École Nationale d’Administration, le nouveau ministre algérien des affaire étrangères fait le CFA, le Centre de Formation Administrative! Enarques versus secrétaire administratif, quel désastre!

Décidément, les Bouteflika préfèrent le favoritisme à la compétence. Jamais un chef d’état n’a été aussi sectaire, régionaliste et népotiste que Bouteflika. Il distribue à la pelle, les faveurs injustes et illégales à toute sa tribu au détriment de hauts cadres chevronnés.

Revenons à la « meilleure » maitrise de la communication du soldat Abdelkader Messahel au service des Bouteflika. N’est-ce pas la communication est à la fois une science et un art ? Elle commence par la capacité à transmettre une information à l’aide d’une série de langages notamment la langue et la gestuelle. En quoi donc Messahel maitrise la communication ? « Combien de langues parle-t-il ? Ses phrases en arabe sont sans verbes, c’est-à-dire sans action, des phrases mortes. Son français est belliqueux et élémentaire, sa gestuelle est naturellement portée à attaquer, l’homme est bassement agressif », arguent ses détracteurs.

Il a cependant un point fort, il est tlémcénien. Sa seule « compétence » est pléonasmique, elle réside dans son lieu de résidence d’origine. Tlémcen est devenu sous le règne des Bouteflika, le diplôme pour celui qui n’en a jamais obtenu un. L’expérience pour celui qui n’en a jamais eu, elle ouvre toutes les portes même celles d’un ministère régalien, quand bien même on a tronqué pour Messahel son titre. L’homme a été nommé ministre des affaires étrangères, mais pas ministre d’état.

L’expression « kabyle de service », n’a jamais été aussi vraie. Ite missa, la messe est dite, Ramtane Lamamra va certainement adopter la position d’attentiste, on lui pressent déjà le poste d’ambassadeur d’Algérie à Paris.

Ferhat Ouldhocine.