Il y a ceux pour qui la mémoire est ineffaçable et il y a les autres pour qui l’amnésie pousse à l’extrémisme et à la haine. Ali Benouari qui avait tout essayé pour arriver au pouvoir en Algérie, au bord du désespoir, il pense que Marine Le Pen, la fille de celui qui a torturé des centaines d’Algériens, peut aller à sa rescousse. Pour lui, si elle avait été élue, elle eut été une très grande Présidente de la République française. Elle aurait refusé de traiter avec le régime totalitaire de Bouteflika.

Ali Benouari, qui, il y a très peu confiait à CNP NEWS qu’il quittait la politique définitivement, réapparait comme par magie sur les ondes de la télévision du FIS sous l’étiquette d’homme politique algérien. Il dit penser d’abord aux Algériens d’Algérie au détriment des 4 millions de franco-algériens de France. Ce faisant, Ali Benouari va avec une assurance désinvolte, peu avant l’élection présentielle en France, affirmer que la fille du tortionnaire est la seule capable de rompre avec le lien des dictateurs du Sud. Il trouve que le discours de la néo-nazie est intelligent, qu’elle est la seule à pouvoir créer un développement véritable pour que les populations du Sud trouvent du travail chez elles.

Le genevois, écarté de la vie politique en Algérie du fait de sa double nationalité, omet de rappeler que Marine Le Pen est la fille de celui qui fut membre de l’OAS, l’organisation de l’armée secrète, qui défendait la présence française en Algérie par tous les moyens, y compris le terrorisme à grande échelle, y compris la torture qui dépasse l’entendement. Il feint d’ignorer que le tortionnaire de la Villa des roses d’El Biar, le lieutenant parachutiste, Jean – Marie Le Pen, assistait et participait en 1957 à la torture des nationalistes algériens, par exemple, en les aspergeant d’essence de ses propres mains avant d’approcher la flamme de son briquet en  ricanant «  Eum ça sent le Méchoui ». Lire à ce sujet l’article publié le 5 mai dernier par CNP NEWS, https://cnpnews.net/2017/05/05/60-ans-apres-la-torture-administree-aux-algeriens-par-jean-marie-le-pen-sa-fille-marine-le-pen-veut-refaire-lhistoire/ .

A ce sujet aussi, le témoignage de Mohamed Yahiaoui est sans appel : « Jean-Marie Le Pen était le bras droit de Massu, chargé de la torture. Massu lui-même l’appelait, le tortionnaire », … C’était en 1957. On était en pleine bataille d’Alger. ».  Mohamed Yahyaoui est historien. Il était un enfant à cette époque. Un enfant qui a eu la chance d’échapper aux affres du « tortionnaire », car beaucoup de son âge en ont fait les frais.

Il n’y a nul besoin d’être un génie pour savoir que tous les extrémistes arrivent au pouvoir grâce à la démocratie, une fois au pouvoir, ils deviennent des dictateurs indémontables. Il faut toute une guerre pour les mettre hors état de nuire, ce fut le cas pour Adolphe Hitler, Joseph Staline ou encore Benito Mussolini ou plus récemment en Algérie pour le duo Abassi Madani et Ali Benhadj.

Mais au-delà du fait que Marine Le Pen soit la fille de son père, l’idée de croire que l’extrême droite privilégierait l’instauration de la démocratie dans les pays dictatoriaux, relève de la pure naïveté, et pour cause, en plein campagne électorale, Marine Le Pen a sauté dans le premier avion pour aller rassurer de son soutien deux dictateurs, Vladimir Poutine à Moscou et  Idriss Déby  à  N’Djamena. Il est donc évident qu’elle poursuivrait tout naturellement la politique de son tortionnaire de père qui a soutenu avant elle tous les dictateurs du monde et du monde arabe notamment, Saddam Hussein, Mouammar Khadafi et Hafez Al Assad.

N’est – ce pas un raccourci très dangereux que d’aller sur un terrain glissant pour celui qui fut de surcroît candidat à la candidature de la République, ancien secrétaire d’état au Budget? N’est-ce pas un dérapage qui trouve sa source dans le désespoir d’un homme qui a tout essayé pour arriver au pouvoir ? Il semblerait qu’Ali Benouari, issu de la diaspora algérienne de Suisse, n’en a cure des Algériens et des musulmans diasporiques de France, Marine Le Pen, selon lui, va purifier la France en les renvoyant chez eux.

Ferhat Ouldhocine.