Par Mohsen Abdelmoumen

Comme je l’ai souvent affirmé, l’Algérie continue à patauger dans les marécages de l’absurde et de la médiocrité. Chaque jour apporte son lot de scandales et de turpitudes dans une indifférence quasi générale. Les sorties des responsables politiques irresponsables frisant le burlesque ne font qu’enfoncer davantage le pays exsangue par le règne de la fratrie Bouteflika. Il est évident que les prochaines élections législatives ne serviront à rien d’autre qu’à permettre aux adeptes de la chkara et de la mangeoire de s’empiffrer un peu plus tout en offrant une image démocratique illusoire aux yeux de l’étranger. L’abstention sera le parti gagnant malgré les basses manœuvres d’un régime aux abois, allant jusqu’à exercer un chantage au chaos sur les citoyens pour les inciter à voter. Dans cette démarche, on a entendu les déclarations ahurissantes d’Hamid Grine, ministre de la Communication, qui a osé pondre une charte des médias, un torchon qui comprend une clause interdisant aux médias, la plupart des chaînes off shore, de donner la parole aux partis qui appellent au boycott des élections. En Algérie, nous nageons en plein délire. Je lui réponds que j’appelle au boycott massif de ces élections-mascarade qui ne feront que donner une caution morale à un régime immoral. Hamid Grine, petite frappe du Makhzen, ne fait que nous conforter dans notre position : boycotter ces élections est un devoir national et participer constituera une trahison historique. Ce larbin servile de Grine fait pression sur les médias sans qu’aucun patron de presse ne se dresse devant cette ignominie, car la presse est aussi corrompue que le pouvoir. C’est dire l’affolement et la panique de ce régime à bout de souffle craignant une abstention record et un désintéressement total de la population consciente d’être face à une farce électorale. Le 19 mars était la fête de la victoire mais ce triste mois de mars 2017 a vu la visite de l’arrière petite-fille de Bachaga Bengana venir réhabiliter son traître d’aïeul suivie de l’intronisation d’Ould Kaddour, un espion de la CIA, à la tête de Sonatrach, du trafic des candidatures par le fils d’Ould Abbes, ce dernier représentant la déliquescence d’un FLN qui n’a plus rien à voir avec le FLN historique, et du scandale Tahkout pour sa fausse usine de montage de voitures à Tiaret. C’était le mois de mars de la trahison au lieu d’être celui de la victoire. Les martyrs nous ont donné une patrie et les dirigeants actuels en ont fait le pays des begarra et des maquignons, et la risée du monde. Telle est l’Algérie d’Abdelaziz Bouteflika qui a produit les Saïd Bouteflika, les Ali Haddad el kharay, les Ahmed Ouyahia, les zemmar Saïdani, les Abdeslam Bouchouareb, etc. une bande de mafieux liés au capital international qui se sont vendus au plus offrant, que ce soit la France ou les États-Unis, et qui ne connaissent ni patrie, ni état d’âme, juste leur intérêt et celui de leur famille. Pauvre Algérie qui, de Mecque des Révolutionnaires, est devenue repaire de forbans.

Sur fond de ce tohubohu, Saïd Bouteflika se donne beaucoup du mal pour persuader la planète en général et le peuple algérien en particulier que le président est bien vivant et qu’il jouit toujours de toutes ses facultés, dont la première, l’alacrité, est entrée dans la légende. Tout le monde sait pourtant que le président Bouteflika est malade et qu’il est incapable de gouverner l’Algérie. Des bruits circulent même affirmant que le président est en état de mort cérébrale et qu’on le maintient en vie végétative dans sa villa médicalisée de Zéralda. Les choristes habituels assurent que le président va bien, qu’il est en pleine forme, qu’il passe même le bonjour à tout le monde, et des vidéos sont diffusées nous le montrant en compagnie des larbins de service, d’abord le ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue des États arabes, Abdelkader Messahel, suivi une semaine plus tard par le président congolais fantoche Denis Sassou-Nguesso. Nul doute que si les rumeurs persistent, nous allons voir défiler tous les chefs d’État africains redevables à l’Algérie pour avoir effacé leur dette. Ou bien le président est effectivement transformé en légume et Saïd nous sort des vieilles vidéos bidouillées pour nous convaincre du contraire, ou bien Bouteflika poursuit sa lente agonie qui n’en finit pas. Quelle que soit la vérité, le président algérien appartient plus au monde des ombres qu’à celui des vivants. Il suffit de voir ces images pour en être convaincu et si c’est tout ce que Saïd a sous la main pour nous assurer que son frère pète la forme, eh bien, il va falloir qu’il fasse appel aux meilleurs spécialistes des effets spéciaux de Hollywood, car le vieux président fait peine à voir et personne n’est dupe. Et surtout pas la chancelière allemande Angela Merkel qui a refusé de se prêter à cette fumisterie. Il faut être le dernier des salauds pour imposer une telle torture à un vieillard souffrant, à plus forte raison quand il s’agit de son propre frère. Si Saïd est capable d’abuser de son frère, que n’est-il pas capable d’infliger au peuple ? Mais cette histoire à rebondissements concernant la maladie du président n’est pas un thème qui m’intéresse et il est triste de voir un pays comme l’Algérie ligoté par l’état de santé d’un président quel qu’il soit. D’ailleurs, s’il ne s’agissait pas du président de l’Algérie, je n’en parlerais pas. Voilà où nous a menés le culte de la personnalité d’Abdelaziz Bouteflika. Son orgueil démesuré l’a mené exactement là où il est : terrassé et à la merci d’une fratrie dont l’appétit gargantuesque pour le pouvoir et les biens matériels ne s’embarrasse pas de scrupules ni de pitié. Que le président soit dans le coma ou pas, Saïd Bouteflika gardera son frère en vie, même végétative, tant qu’il le pourra, allant ainsi à l’encontre de la loi de la nature qui veut qu’il y ait un commencement et une fin. S’il le faut, il momifiera son frère, gagnant du temps pour rester aux commandes par procuration avec la complicité de tous les gangsters qui gravitent autour de la chaise roulante et qui s’engraissent sur le dos du peuple algérien définitivement floué. Celui-ci, blasé par des années de mensonges et de scandales, ne croit plus en la politique et se concentre sur ses propres problèmes, ne s’étonnant plus de rien.

Il faut dire que dans l’Algérie des Bouteflika, avoir fait de la prison n’est pas une entrave pour accéder à un poste à responsabilité, ainsi le revenant Moumen Ould Kaddour condamné en novembre 2007 à 30 mois de prison par le tribunal de Blida pour divulgation de secrets d’État à des parties étrangères, a été nommé ce 20 mars à la tête de Sonatrach en remplacement d’Amine Mazouzi limogé. Diplômé du Massachusetts Institute of Technologies aux États-Unis, Ould Kaddour a dirigé dans les années 1990 la Brown & Root Condor (BRC), une entreprise qui était une joint-venture de Brown & Root devenue KBR, filiale de la firme américaine Halliburton de Dick Cheney, BRC étant en réalité une couverture de la CIA. BRC avait fourni des mallettes bourrées de matériel de communication à l’état-major de l’ANP. Or, ces mallettes soi-disant destinées à sécuriser les communications militaires étaient directement connectées aux systèmes d’écoute électronique des services secrets américains et israéliens. Non content d’être un espion, Ould Kaddour cumule en étant un escroc puisque BRC a été dissoute par Bouteflika suite à d’énormes scandales de corruption et surtout pour effacer toutes les traces. Qui se ressemble s’assemble, Ould Kaddour est aussi un proche de Chakib Khelil, chevalier blanc lié aux intérêts US et dont les multiples escroqueries sont énumérées par la justice milanaise et font les choux gras de la presse italienne. Voici donc deux voleurs notoires, copains comme cochons, représentant des intérêts étrangers, accusés de détournement de fonds publics et d’avoir touché des millions de dollars en pots-de-vin, des voleurs sans foi ni loi, réhabilités, et dont l’un est à la tête de la vache à lait de l’Algérie et l’autre en embuscade pour occuper un poste encore plus élevé ! Pauvre Algérie livrée à ces crapules. À ceux qui ont accusé le DRS et le général Toufik de leur avoir monté des dossiers à des fins de règlement de compte, que ce soit zemmar Saïdani, Chakib Khelil le traître ou son pantin Ould Kaddour, qu’est-ce qu’ils attendent pour attaquer dans leurs tribunaux le général Toufik et le DRS, pour défendre un pseudo honneur qu’ils n’ont jamais eu ? Chiche ! Je suis certain qu’ils n’oseront jamais, parce qu’ils sont coupables de malversations, de trahisons, de détournements, et j’en passe. Comme j’ai contacté le Parquet de Milan à deux reprises à propos du gangster Chakib Khelil, je vais écrire au président des États-Unis, au président du Congrès US et au directeur de la CIA, pour obtenir des précisions à propos de ce Moumen Ould Kaddour et pour confirmer les informations que je détiens sur lui.

D’un Ould à l’autre, parlons maintenant de l’actuel secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbes, dont le fils aîné traficote les listes électorales pour les législatives de mai prochain. Les services de sécurité ont perquisitionné son domicile à Moretti où des dossiers de candidature ont été trouvés et El Wafi Ould Abbes a été arrêté en possession de 200 000 euros, argent issu de la vente des candidatures. Il pratiquait ce trafic avec un ancien haut fonctionnaire ayant travaillé sous la direction de Djamel Ould Abbes. Celui-ci n’a pas démenti et a déclaré qu’il faisait confiance à la justice. En outre, et comme si cela ne suffisait pas, Djamel Ould Abbes a repoussé les limites de la tartuferie ce mardi 28 mars à Ghardaïa en déclarant qu’en sa qualité de médecin, il assurait que le président remarcherait prochainement. Nous sommes en pleine science fiction et oser sortir de telles salades frise le surréalisme. Racontez cela à un cheval de bois et vous recevrez un coup de sabot. En tous cas, il vaudrait mieux se méfier des diagnostics de ce prétendu médecin. Qu’il parle de la guérison du président, passe encore, il se déconsidère lui-même, mais il n’a aucun droit d’évoquer le Front de Libération Nationale historique, celui de Mostefa Ben Boulaïd, de Larbi Ben M’hidi et des autres Braves qui ont donné leur vie pour l’Algérie ! Surtout quand on est mêlé à un trafic juteux de postes de candidatures. On laisse à Ould Abbes cet ersatz de parti peuplé de corrompus comme la députée et membre du bureau politique Salima Otmani, démise de ses fonctions ce 21 mars pour avoir reçu 100 millions de dinars de pots-de-vin d’un autre député du FLN, Kehal Nourredine, en échange d’une place sur la liste électorale dans la wilaya de Constantine. La perquisition chez cette députée a permis de trouver une valise pleine d’argent. Pas touche au FLN qui a fait la gloire de notre patrie, avec lequel ces voleurs n’ont rien à voir et qui n’est réservé qu’aux patriotes, aux vrais ! Bas les pattes, Monsieur Ould Abbes ! Et cessez de vous vanter d’avoir fait partie de l’OS (Organisation secrète) pendant la guerre de libération nationale ! Arrêtez de mentir ! Vous n’avez jamais été un moudjahid et votre père a été éliminé par l’ALN !

Les mots scandale, corruption, vol, détournement, pot-de-vin, etc. sont inscrits dans l’ADN du régime des Bouteflika. Jour après jour, le peuple algérien apprend de nouvelles infamies de la part du régime et de ses valets. Le dernier scandale en date révélé par les réseaux sociaux, à leur tête Facebook, est celui concernant Mehiedine Tahkout, l’ancien vendeur de fruits et légumes devenu milliardaire, proche du ministre de l’Industrie Abdeslam Bouchouareb et prête-nom d’Ahmed Ouyahia, chef du RND, autre parti de corrompus. Des photos publiées sur Facebook, réseau social devenu un véritable cauchemar pour ce régime pourri composé de vieilles épaves hors connexion, ont montré que l’usine de montage de voitures Hyundai de Tahkout à Tiaret n’était qu’un vaste hangar de vulcanisation, où des roues étaient boulonnées sur des véhicules importés clés en main. Cette usine de 250 millions de dollars a été créée en 2016 et une vidéo l’avait présentée en octobre 2016 lors de la sortie du premier véhicule, montrant des jeunes apprentis réalisant le montage des moteurs, des amortisseurs, des pots d’échappement, etc. accompagnés d’un instructeur coréen. Or, les photos qui ont fuité sur Facebook montrent des voitures complètes dans des containers et un grand hangar vide avec quelques ouvriers qui fixent des roues sur deux automobiles. Aucune chaîne de montage, pas de machine, pas de main d’œuvre qualifiée, pas de trace non plus d’instructeur coréen… Cette usine pour laquelle le gouvernement avait attribué une assiette de 24 hectares devait employer 4 000 travailleurs et assembler 60 000 voitures dans un premier temps pour ensuite atteindre les 100 000 en 2020. Tahkout, interrogé par plusieurs médias, ne savait pas lui-même combien de travailleurs il avait engagés pour son usine. Il s’agit d’un véritable scandale doublé d’un grand enfumage depuis que la commission d’enquête diligentée par le Premier ministre a déclaré à l’issue de sa visite dans l’usine qu’aucune anomalie et aucun dysfonctionnement n’y avaient été décelés. Les loups ne se mangent pas entre eux, mais cela démontre à quel point l’Algérie est gangrenée. Et l’on se fiche qu’il s’agisse ou non d’une guerre des clans, nous n’en avons rien à faire ! À cette occasion, on a vu une autre illustration de la corruption de la presse avec les agissements d’un journaleux et d’un organe de presse algérien qui ont défendu Tahkout lors de ce scandale avec une couverture minable. Ce personnage fait dans le racolage et la prostitution pour les oligarques. Comme tant d’autres, ce journaleux est le déshonneur de la presse.

Ce gouvernement de bras cassés donne une image pitoyable du pays avec un cafouillage incessant, prenant une décision puis revenant sur cette décision quelque temps après. Que signifie le gel des importations par la banque centrale d’Algérie et le retour sur cette décision au bout de deux jours, si ce n’est que la mafia de l’import import dicte sa loi ? Où est le nouveau modèle économique promis par le gouvernement Sellal ? On attend toujours de le voir. L’Algérie est un pays soumis aux diktats des importateurs du lobby de l’import import gavés à la rente et qui importent des milliards en ketchup et mayonnaise, de l’aveu même du ministre du commerce intérimaire. Je dis bien intérimaire et nous sommes le seul pays au monde ayant un ministre intérimaire et un président absent. Les oligarques ne produisent même pas une aiguille et ça se prend pour des capitaines d’industrie. Peut-on savoir comment Lamine Ouyahia est devenu milliardaire en dollars à l’âge de vingt-six ans comme les autres rejetons de la jet-set des begarra, Bilal Tahkout, Aghiles Haddad, qui roulent aussi avec des milliards ? Cette jet set de begarra et maquignons est aux antipodes de l’Algérie de Ben M’hidi, Krim Belkacem et Ben Boulaïd. Tahkout est un évadé fiscal, comme ses copains coquins – c’est de notoriété publique -, et leur place à tous est en prison. Il n’y a rien de surprenant au comportement de ces gangsters qui changent seulement de nom et de visage, ils sont issus de la même matrice et sont fabriqués sur le même moule. La surfacturation, l’évasion fiscale et les divers détournements sont leur religion. Pour ceux qui défendent ces énergumènes et qui picorent dans leur main, je ne cherche pas que des pseudo-experts viennent me démontrer le contraire, qu’ils gardent leurs thèses sulfureuses pour eux. L’Algérie va très mal et je les mets au défi de me prouver le contraire.

Ces figures hideuses que sont Ould Kaddour, Ould Abbes ou Tahkout sont à mettre dans le bilan d’Abdelaziz Bouteflika et de sa fratrie qui dirigent le pays par procuration et tôt ou tard il faudra en finir avec ce que représentent ces énergumènes et en finir avec la parenthèse Bouteflika, un règne chaotique et catastrophique pour l’Algérie. Bouteflika est de loin le président le plus mauvais de l’Algérie indépendante, lui que les décideurs militaires ont choisi un jour comme étant le moins mauvais. Nous sommes en plein cauchemar avec une fin de règne caractérisée par la diversion et les fléaux tels le régionalisme, le clientélisme, le népotisme, et la corruption, corruption qui a marqué tous ses mandats. Si l’entourage de Bouteflika et sa fratrie veulent enterrer l’Algérie, ils se trompent car ils nous trouveront sur leur chemin et nous les combattrons jusqu’au bout, eux et leurs larbins chiyattines de tous bords. Ils finiront dans le déshonneur et les égouts de l’histoire. Les traîtres vivront leur fin dans la déchéance en permanence. Quant à nous, nous en appellerons à l’Algérie des Immortels, celle des Braves, celle qui n’a pas bâti un pays sur le mensonge, l’usurpation et la corruption. Notre Algérie à nous s’opposera à eux tous. S’ils sont la continuation des colons et des géniteurs de yaouleds, nous sommes les porte-étendards de Novembre et de ses martyrs et nous terrasserons la bête immonde. Le souffle révolutionnaire de la résistance brisera les reins des traîtres de la nation. C’est un combat à mort et nous jurons sur le serment de Novembre et les tombes de nos martyrs que nous extirperons de notre terre arrosée par le sang des martyrs la mauvaise graine de la trahison que vous représentez. Nous vous neutraliserons. Nous rendrons l’Algérie à ses fils authentiques et nous lui restituerons son histoire millénaire.

Mohsen Abdelmoumen.