Le président de la haute instance « très dépendante » de surveillance des élections (HIISE), Abdelouahab Derbal, a affirmé à l’APS hier que la présence d’observateurs internationaux pour superviser les élections législatives du 4 mai, est une preuve de plus de la volonté de l’Algérie d’organiser des élections libres et régulières.

Au-delà des propos trompeurs de A. Derbal qui n’expriment en aucun cas la réalité, tout le monde est d’avis que les observateurs arabes et africains ne sont ni la preuve ni le gage d’aucune transparence, ni liberté. Ils sont issus de pays non transparents et non démocratiques et ont été choisis pour l’occasion par leurs gouvernements selon des critères de loyauté bien définis. Ne devraient-ils pas balayer d’abord devant leurs portes?

S’agissant des observateurs européens issus des pays démocratiques, ils n’ont pas vocation à cautionner l’impossible transparence ou régularité d’un scrutin et à fortiori dans un pays aussi vaste que l’Algérie. Leur rôle se limite à observer techniquement le déroulement des élections au niveau d’un bureau de vote précis, celui où observateur est présent au moment du vote. A l’issue de leur mission, ils élaboreront un rapport final pour évaluer le déroulement du scrutin dans les bureaux de vote qu’ils ont observés. ils décriront, notamment, les éventuelles irrégularités ou dépassements qui auraient été produits dans les bureaux de vote où ils se sont trouvés à ce moment -là.

Il faut savoir que les institutions européennes ne garantissent pas le bon déroulement de vote et ne cautionnent, ni valident les résultats des élections. Elles ont été sollicitées par le gouvernement algérien pour dépêcher une poignée d’observateurs dans un but strictement technique. Il ne pourrait y être autrement, excepté si l’Union européenne envoie au moins 10.000 observateurs!

Le régime algérien vit sur des rapports forcément mensongers puisqu’il est interdit de dire la vérité dans un système totalitaire, il détourne alors les vrais objectifs et les missions des observateurs européens afin de légitimer le scrutin électoral. Faut-il rappeler que les observateurs étrangers sont totalement pris en charge par le gouvernement algérien pour la bagatelle de 100 millions d’Euros? Y’ a t-il pire humiliation pour un peuple, pour qui le régime en place a imposé une austérité délétère? Et à combien a chiffré Derbal le coût total de la tenue de ces élections de façade? A quoi servent des élections législatives dans un pays où le président ne préside pas, où le gouvernement ne gouverne pas, où le parlement, ne parlemente pas?

Les procédés du régime en place pour imposer et perdurer son pouvoir, sont les mêmes procédés utilisés dans tous les régimes mafieux et totalitaires : Affamer le peuple, abêtir la population jeune, appâter les élites, corrompre la presse, pour diviser afin de mieux régner sur un peuple à bout de souffle, au bord de l’implosion.

Et combien de partis politiques de la vraie opposition ont saisi l’Union européenne directement ou par médias interposés, afin de la sommer de cesser ce jeu dangereux de complicité qui consiste à répondre favorablement à la demande d’un gouvernement illégitime en envoyant 10 observateurs, sachant pertinemment que le régime en place est à l’antipode du jeu démocratique ?

CNP NEWS.