Interview

– Avez-vous déjà réagi ou comptez – vous réagir aux propos que le Wali d’Alger a tenus à Rouiba, qualifiant les boycotteurs des élections législatives de batârds « Hramia » ?

Bien entendu que j’ai répondu à ses propos scandaleux. Je l’ai fait lors de deux interventions télévisées sur différentes chaînes. J’ai même annoncé que notre avocat a été saisi pour voir la possibilité de déposer plainte au nom des citoyens. En fait, il a directement visé les Algériens qui avaient obtenu un logement. Dans la tête du wali, il s’agissait d’un « contrat commercial » : Je vous donne votre droit et en retour j’exige votre allégeance !

 Des élections à tout prix, même sous la menace, le chantage et l’insulte ?

Exactement. Aujourd’hui, nous en sommes là. Un président de la République fantôme, des institutions dégradées, des chefs de partis politiques du pouvoir complètement empêtré dans la concussion et la corruption etc… Les citoyens sont écœurés et sont décidés à boycotter ces élections. Je vous le dis ainsi, car, lors de nos multiples sorties sur le terrain ces derniers jours, les Algériens se démarquent clairement de ce pouvoir et de ses élections factices !

– Quels sont les enjeux de ces élections, pourquoi le pouvoir en place y tient tellement? 

Ces élections vont être le reflet du rapport de force à l’intérieur du régime. Le FLN et le RND cachent en fait une rivalité féroce entre des groupes de prédateurs à l’appétit insatiable. L’APN cristallisera une situation politique qui préfigurera les élections présidentielles auxquelles se prépare le pouvoir. Les résultats du 4 mai nous indiquerons le sens du vent, en tous les cas, la réalité actuelle des luttes intestines. Cependant, je pense qu’un facteur extérieur au pouvoir va, au final, avoir le dernier mot : la situation financière du pays !-

– A supposer que ces élections aient lieu et après ?

Et après ? Rien ne changera pour le peuple. Ni Etat de droit ni démocratie ne sont au programme du FLN, du RND et du MSP. Le développement du pays sera de toutes les façons remis aux calendes grecques. C’est pour cela qu’avec un groupe de personnalités, nous sommes sur le terrain pour convaincre les Algériens de boycotter ces élections. C’est le seul moyen pour le moment de rejeter ce pouvoir. Si le taux d’abstention est très élevé et que les médias du pouvoir ne pourront pas tromper l’opinion internationale, alors, là, le régime sera mis en demeure de discuter avec la véritable opposition pour aller vers une véritable transition pacifique.

– Une réaction par rapport aux deux circulaires de Hamid Grine, ministre de la communication,  limitant drastiquement la liberté de la presse ?

Monsieur Grine a eu à plusieurs reprises à démontrer son penchant « facho » en menaçant directement les journalistes et les entreprises de presse ainsi que les médias audiovisuels. Le monsieur croit naïvement qu’en bombant le torse il va soumettre tout le monde à son petit jeu de porteur d’eau au pouvoir. Le retour du boomerang risque d’être violent pour lui !

Entretien réalisé par CNP NEWS.

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