Ce n’est pas la première fois que le régime algérien en place use de vidéo-montage pour leurrer le peuple, c’est un sport national qui ne date pas de la maladie de Bouteflika mais il a pris de l’ampleur depuis la complication de l’état de santé du président de la république et ses longues absences.

Pour calmer la rumeur, Saïd Bouteflika, le président faisant fonction, actionne la manette du vidéo-montage pour faire croire que le président est encore capable de se tenir assis quelques minutes, le temps que les caméras de l’équipe audiovisuelle présidentielle prenne quelques prises de vue et quelques plans de coupe.

La présidence s’est équipée des meilleurs logiciels de vidéo- montage. L’équipe de tournage, cameramen, monteurs, mixeurs, preneurs de son, cadreurs, photographes sont rémunérés au moins 100 fois plus que leurs camarades de l’ENTV. Ils sont envoyés régulièrement en France, en Belgique et en Suisse pour s’entrainer sur le matériel audiovisuel le plus sophistiqué, avec l’argent du peuple.

A chaque fois que les rumeurs battent leur plein sur la mort présumée du président algérien, les réseaux sociaux s’enflamment, les médias algériens muselés se taisent et se contentent des miettes reprises des seules sources officielles, l’APS et l’ENTV.

L’équipe audiovisuelle de la présidence est bien drillée, prête à exécuter les scénaris les plus fous imaginés par Said Bouteflika. Ce ne sont pas les idées qui manquent au frère cadet et son cercle très fermé pour échafauder une mise en scène, c’est plutôt les acteurs et figurants étrangers qui se font rares. Cette fois, le président congolais, Denis Sassou – Niguessa était arrivé à point nommé, un pain béni, un cadeau tombé du ciel, l’invité tant attendu est enfin à Alger. Il faut dire que ledictateur africain entame son cinquième mandat, lui aussi a organisé des élections démocratiques et transparentes. Lui aussi a fait appel aux missions d’observation étrangères, mais pour sa dernière élection, l’Union européenne a décidé de ne pas envoyer ses observateurs, le dictateur de Brazzaville s’est contenté d’observateurs de l’Union africaine.

Le mixage d’images de 2011 et 2017 pour tromper le peuple algérien mais à quel prix ?

Le Congo Brazzaville avec ses 4 millions d’habitants est au bord de l’explosion à cause de la baisse drastique du prix du baril de pétrole et du régime dictatoriale de Denis Sassou – Niguessa, qui a entamé son 5ème mandat en mars 2016.

Le peuple congolais est étouffé par les réfugiés du Congo Kinshasa voisin, le Rwanda et l’Angola. Il suffoque ! Il faut savoir que le Congo est le sixième pays le plus endetté d’Afrique. L’économie congolaise comme l’économie algérienne, repose principalement sur l’exploitation des hydrocarbures et comme le maître d’El Mouradia, le maître de Brazzaville et ses nervis ont aussi leur « Sanatrach », leur vache à lait, elle  s’appelle SNPC, Société Nationale des Pétroles du Congo.

Au Congo, les caisses de l’état sont presque vides et la corruption bat son plein mais l’Algérie de Saïd Bouteflika peut faire crédit d’une centaine de millions de dollars pour permettre à son « ami Denis » d’empocher 20 % de la somme et d’acheter avec le reste quelques sacs de riz pour calmer un peuple affamé et pour dissuader une opposition féroce prête à l’attaque.

Rechigner à faire le figurant pour permettre à un autre régime pourri de perdurer ? Loin s’en faut, puisqu’il s’agit d’un échange de services fraternel, ni plus ni moins. Notons très vite que dans ce genre de transactions, la France n’est jamais très loin !

En 2011, le président congolais a réellement rencontré Bouteflika, en 2017, il a virtuellement rencontré son homologue.

Le président africain s’est bien déplacé le 28 mars 2017 en Algérie pour une visite officielle de 3 jours mais contrairement à 2011, il n’a pas rencontré le président algérien. Pour le faire croire aux algériens, Saïd Bouteflika va actionner la manette de la machine audiovisuelle. Il va mettre les grands moyens. Pour les équipes de tournage de la présidence, pas besoin de travailler dans les grosses productions de Hollywood, c’est un jeu d’enfant que de reprendre la scène tant vue et revue sur l’ENTV montrant Bouteflika recevoir les grands de ce monde, de Hollande à Valls, en passant par Lakhdar Brahimi et en ratant Merkel et Rohani.

Il leur suffisait de piocher dans les images d’archives pour retrouver celles du président congolais en visite en Algérie en 2011, rencontrant Abdelaziz encore en bonne santé. En même temps, reprendre des images des dernières apparitions de Bouteflika très entamé par la maladie et les faire mixer le tout avec les images de la visite en 2011 et 2017 du président congolais et laisser opérer la magie du vidéo-montage.

Mêler plusieurs caméras, rediffuser plusieurs fois des angles de vue différents, du large au  close-up à gogo. Des balayages et des plans de coupe, et la vidéo est en boite, prête à consommer par la « populace – Ghachi » qui s’est résignée à se contenter d’un Bouteflika virtuel ! Prête à être copier et diffuser par les télévisions dites privées dont les caméras sont strictement interdites d’accès au palais d’El Mouradia et à la villa médicalisée des Bouteflika à Zerada

L’axe Alger-Brazzaville a calmé le GHACHI – غاشي, le GHACHI, mot consacré par Saïd Bouteflika pour qualifier les petites gens, lui qui, il y a à peine 17 ans, en faisait partie. Le GHACHI, la populace , le peuple qui, fervent croyant,  a tant espéré et prié pour une prompte guérison de notre président, Abdelaziz Bouteflika, allongé depuis le 20 février 2017 sur son lit de mort cérébrale, respirant artificiellement et nourri à la sonde avec des nutriments liquides injectés directement dans son duodénum.

CNPNEWS.