Le régime politique en place en Algérie aime à travestir la réalité pour la détourner à son avantage en disant ou en faisant dire par médias interposés que l’Union européenne, en acceptant d’envoyer une mission d’observation,  cautionne les prochaines élections législatives en Algérie.

Ceci relève bien entendu de la pure propagande du régime en place. Il faut savoir que les observateurs européens dépêchés à chaque grand rendez-vous électoral en Algérie et dans beaucoup d’autres pays qui en font la demande expressément et officiellement, ont pour seul mission de contrôler techniquement le déroulement des élections. Ces observateurs n’ont pas vocation de valider ou invalider les résultats d’un scrutin électoral. Il faut noter aussi que les gouvernements demandeurs de missions d’observation de l’Union européenne, de l’Union africaine, ou de la Ligue arabe, sont très souvent des pays africains et arabes non démocratiques.

En clair, la demande est faite spontanément et unilatéralement par le pays concerné par les élections, pour solliciter la présence d’observateurs et experts dans le but de contrôler le déroulement technique des élections et pour constater d’éventuels manquements à un lieu L et un temps T comme par exemple le bourrage d’une urne ou sa substitution, absence de personnel, heurts, saccages etc… Ces manquements sont en général repris dans un rapport final dont une copie est remise aux autorités algériennes.

Pour sa part, l’Union européenne, peut décider d’envoyer ou de ne pas envoyer une mission d’observation. Dans le cas où la décision est positive, une délégation composée au grand maximum d’une centaine d’experts et d’eurodéputés, se rend dans le pays demandeur, un ou deux jour avant la date du scrutin et quitte le pays un ou deux jours après la fin de vote.

Sur le plan financier, il revient au pays demandeur de financer la mission des observateurs. Cela va du transport, au séjour, déplacement, sécurité, matériel technique, expertise, etc… Il faut prévoir la bagatelle de 20 millions d’Euros.

Il faut dire que 9 fois sur 10, l’Union européenne répond favorablement aux demandes d’envoi d’observateurs mais sous une série de conditions (nous y reviendrons en détail dans nos prochaines éditions).  En 2016 par exemple, le seul pays qui s’est vu refuser l’envoi d’observateurs par l’Union européenne, c’est le Congo Brazzaville pour le scrutin de l’élection présidentielle du 20 mars 2016 qui a donné gagnant le dictateur Denis Sassou-Nguesso, président en fonction depuis 21 ans.

Dire que la présence d’une poignée d’experts européens au moment des élections dans un pays aussi vaste que l’Algérie et qui compte des milliers de bureaux de vote, est garante d’élections transparentes et démocratiques, c’est faire croire que toute l’Algérie est atteinte d’une cécité abracadabresque.

CNP NEWS.