Il faut dire d’emblée que le duel Bengana/Tebboune a été dès le départ mal défini, les règles étaient imprécises et les adversaires ont tenté de servir des intérêts flous, les leurs ou ceux de l’ombre? Le défi de ce duel médiatique est en vérité inutile à bien des égards et quand bien même il serait signifié par un cartel, les limites étaient tracées par Doha et Alger

Chaque partie a pesé et soupesé le matériau de la balle de son arme. C’est d’abord Tebboune qui ouvre le feu, il reproche à la controversée journaliste qataro-algérienne, d’avoir dit que « les prix du pétrole ont chuté et par conséquent, le régime ne pourra plus acheter la paix sociale …et tutti frutti». Un vieux principe de cause à effet que khadija Bengana n’a pas inventé, mais force est de constater que ce principe est galvaudé par le niais et le spécialiste en Algérie. Tous les jours que Dieu fait, les spécialistes se suivent et se bousculent aux portillons des canaux de télévision pour expliquer les premières conséquences de la chute des prix des hydrocarbures dans les pays mono-exportateurs et à démographie élevée. Cet état de faits n’a pincé aucune mouche au pouvoir sauf quand Khadija Bengana l’a repris sur sa page Facebook, entendons – nous bien, Khadija n’a rien dit de tel sur Al Jazeera, la ligne éditoriale de la chaîne qatarie ne le permet pas !

Khadija Bengana ou L’admiration AFFADIe 

L’expression populaire الله لا يردها  , reprise par le ministre est l’équivalent en français de «qu’elle aille au diable». C’est une phrase que l’on lance sur le coup d’une vraie ou fausse colère à l’adresse d’une personne ou un groupe de personnes qui ont a priori compté et à qui on reproche leurs attitudes a postériori, et justement Bengana a compté pour les Algériens en général et pour le régime en place singulièrement durant ses prestations de présentatrice du journal à la télévision de l’État. Elle était bon gré, mal gré, le haut-parleur du régime totalitaire. A cette époque, elle ne portait ni Hijab, ni animosité à l’égard du pouvoir, et son influence ne portait pas au-delà du portail du siège de l’ENTV.

Elle a dû fuir la guerre civile pour la Suisse comme l’ont fait d’autres en même temps qu’elle et sans doute, si elle s’était sédentarisée à Genève, elle aurait été une autre Khadija que celle qui a fini par affadir l’admiration que lui vouaient une certaine catégorie d’Algériens. Les islamistes l’adulaient, les pros-pouvoir l’exécraient et ceux qui ne se revendiquent ni de la peste ni du choléra laissaient jacasser.

Abdelmadjid Tebboune jubile

S’agissant les conséquences de la chute des prix du pétrole, le ministre algérien de l’habitat, Abdelmadjid Tebboune, va semer sciemment la confusion entre les premier effets à court terme, un mécontentement qui pourrait aboutir à des grèves tous azimuts si aucune mesure sérieuse n’est entreprise et les conséquences à long terme que subiraient les Algériens, une éventuelle guerre civile et tout ce qu’elle signifie dans l’inconscient des Algériens traumatisés par la décennie noire.

Le ministre Tebboune a juste voulu se donner du coffre auprès de son chef. Il parait que quand un ministre algérien sent qu’il risque d’être mis sur la touche, quand il se sent pousser vers la porte de sortie, il se cramponne au bras de n’importe quelle rampe pour implorer le pardon sans savoir lui-même de quoi il serait coupable. Aujourd’hui l’homme jubile, son nom est sur toutes les lèvres et sa vidéo fait le buzz sur les réseaux sociaux. Il a volé la vedette à Khadija Bengana et la riposte de la journaliste  passe inaperçue!

Le Prince du Qatar est un ami très proche de Bouteflika

Si aujourd’hui Khadija Bengana fait montre d’antipathie et de ressentiment vis-à-vis du régime algérien en place et si elle aussi, se donne du coffre, c’est qu’elle sait qu’elle est dans son droit, puisque l’Algérie dit respecter la liberté d’expression et cela ne semble déranger ni le Président Bouteflika ni le Prince Temim Ben Hamad Al Thani. les deux hommes sont très proches, Bouteflika a tissé d’excellentes relations avec la famille princière du Qatar durant sa traversée du désert et ces relations n’ont cessé de se renforcer au plan personnel et officiel. Faut-il rappeler la visite éclaire le 29 novembre dernier à Alger de l’Emir qatari, Temim Ben Hamad Al Thani ?  Justement, il a discuté avec son homologue Bouteflika, de la situation du marché pétrolier, la dégringolade du prix du baril et ses conséquences économique et sociale. Finalement, le duel Bengana/Tebboune a profité à qui ? Si ce n’est pour amuser une galerie au bord de l’implosion.

CNP NEWS.

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