L’idée d’organiser une grève totale et générale à travers tout le territoire algérien, germe depuis plusieurs années parmi les élites et la population de base. Elle commence à prendre forme si l’on croit ce qui se dit et s’écrit sur des réseaux sociaux et lors de réunions informelles. Les appels insistants et répétés à une grève très spéciale se précisent. Il s’agira de rester chez soi pendant cinq jours, du 2 au 7 janvier 2017. Autrement dit, ne pas sortir sauf en cas de force majeure, faire la politique de la chaise vide au boulot, ne pas se rendre à l’école, à l’université et déserter les cafés, les souks, les rues,…pour dire « non » à la politique d’austérité imposée par les détenteurs du pouvoir en Algérie. Tel est, en tout cas, le prétexte qui est mis en avant par des citoyens lambda, pour justifier une grève inédite, tout en sachant que le mal est plus profond et que le ras le bol des Algériens vis à vis de ce régime totalitaire, tribal et autiste, remonte au début des années 2000.

« Les matraques, les tirs à balles réelles, les arrestations, les emprisonnements arbitraires, les exécutions sommaires, c’est fini ! Nous ne sortirons pas manifestés dans la rue, nous resterons gentiment au chaud chez nous », lirons-nous dans un commentaire sur un réseau social.

Si l’idée a fait son bonhomme de chemin dans les esprits, elle n’a pas été très précise dans le temps; « Nous avons testé tous les moyens pacifiques pour faire entendre nos voix et revendiquer nos droits mais la répression a eu le dernier mot. Aujourd’hui nous appelons nos compatriotes à rester tout simplement chez eux, du 2 au 7 janvier 2017 », assure un étudiant de l’université des sciences et technologies d’Oran. « Nous pouvons le faire, c’est juste une question de volonté et d’organisation », rassure le même étudiant, cheveux bouclés mi-longs arborant une écharpe palestinienne (Keffieh) au tour du cou.

Des membres d’organisations syndicales indépendantes, des activistes des Droits de l’Homme et la société civile en générale veulent, in fine, dénoncer « la politique d’austérité  » décidée par le gouvernement du premier ministre potiche, Abdelmalek Sellal. Ils invitent le peuple à observer la grève le 2 janvier 2017 et la poursuivre jusqu’au 7 janvier 2017. Cinq jours, comme les cinq doigts de la main pour dire au régime, ça suffit ! « Ils ont dilapidé et gaspillé l’argent du peuple, et ils osent aujourd’hui demander au petit peuple de serrer la ceinture ? »… « Nous disons NON, et nous le ferons savoir non pas en sortant dans la rue, non pas en montant au djebel mais en restant tranquillement chez nous », affirme une ancienne membre du mouvement BARAKAT.

Ce type de grève n’est pas facile à organiser mais le pari peut être lancé et pourrait réussir au moins partiellement et quel que soit le résultat, cette grève première du genre en Algérie, fera date à coup sûr.

La rédaction de CNP NEWS soutient cette initiative et appelle tous les médias algériens à faire de même. Retenons cet appel : «Restons chez nous du 2 au 7 janvier 2017»,et  gageons que les partis de l’opposition, les syndicats libres, les élites, les associations des Droits de l’Homme, appellent  leurs adhérents à participer à cette grève.

CNP NEWS.