Comment avez-vous réagi à l’annonce de la victoire de Donald Trump ?

Une grande victoire pour la démocratie américaine. Un exemple pour tous les pays. En effet, Trump a triomphé malgré les pressions de puissants lobbies. Des milieux militaro-industriels, financiers, libre-échangistes, sans oublier celui de la toute puissante AIPAC (The American Israel Public Affairs Committee).

Quelle leçon tirer de cette « Succes Story » inattendue?

Donald Trump, contrairement à la vision réductrice et caricaturale à laquelle les médias aux ordres de ces lobbies ont voulu le réduire, a su capter les aspirations de l’Amérique profonde. Celle des travailleurs (notamment les « Poor workers »), des chômeurs et des laissés pour compte de la société néo-libérale.

Vous pensez partager des points communs avec lui?  

Oui, je partage avec Donald Trump beaucoup de points communs. Celui d’être à l’écoute des aspirations profondes du peuple d’abord, par-delà les médias trompeurs. Celui de vouloir réindustrialiser notre pays, l’Algérie,  et de lui donner une assise économique solide, affranchie du poids de l’économie rentière. En Algérie c’est celle du pétrole et du gaz. Aux USA, c’est celle du Dollar et des produits financiers, responsables, tout comme les dépenses militaires exorbitantes, de déficits structurels abyssaux. Des déficits qui exposent les deux pays à des risques d’effondrement à plus ou moins bref délai. Sur le plan politique enfin, je considère que la moralisation de la vie publique et la lutte contre la corruption sont des priorités absolues. Je partage aussi avec le nouveau Président américain un attachement à la reconstruction de notre pays et à la neutralité dans les affaires internationales. Mon « Algeria first » résonne comme son « America first ». Là s’arrête la comparaison car l’Amérique possède des institutions solides, comme elle vient de le prouver, contrairement à notre pays. Il reste à voir, bien sûr, si Trump respecte ses engagements électoraux, les Etats-Unis étant une grande puissance avec des intérêts à défendre, partout dans le monde. Je souhaite qu’il tienne sa promesse de désengager son pays des conflits du Moyen-Orient, que ses prédécesseurs ont plongé dans le chaos, comme il l’a reconnu lui-même et dénoncé à plusieurs reprises.

Les relations entre l’Algérie et les États-Unis d’Amérique vont – elles changer?

Les relations bilatérales Algérie-USA ne seront pas beaucoup affectées par la victoire de Donald Trump, pour deux raisons : La première tient à l’isolationnisme relatif prôné par Trump, qui fera que l’Amérique se repliera sur ses problèmes internes. Ce qui est de nature à maintenir, voire renforcer l’influence de la France en Algérie.  La seconde tient à la structure des échanges entre les deux pays, qui ne sont pas très diversifiés. Et il ne faudra pas compter sur le pouvoir algérien pour amener les USA à intervenir positivement dans nos affaires. Ni au plan économique (et pourtant il y aurait tellement de choses à faire ensemble), ni au plan politique, vu l’éloignement des deux pays.

CNP NEWS.