C’est via une « réponse ouverte » et sous forme de communiqué de presse qu’Ali Benflis, président du parti de Talaie El Houriyet (l’avant-garde des Libertés), a répondu à l’invitation aux consultations relatives à la présidence de l’instance de surveillance des élections, envoyée par Ahmed Ouyahia, directeur du cabinet de la présidence de la république algérienne.

Le contenu de la « réponse ouverte » nous tiendra en haleine jusqu’aux derniers, virgule, point-virgule et point final. Ali Benflis fera remarquer à Ahmed Ouyahia, (qu’il ne nommera tout au long du courrier que par la fonction qu’il exerce et non par son nom propre), que le contexte politique et économique en Algérie est exceptionnellement grave, tout en donnant un éclairage pointu sur la situation inquiétante qui continue à prévaloir en toute normalité en Algérie :« Ériger les prochaines élections en opération routinière me semble mener le pays, encore une fois, à passer à côté de l’essentiel ; l’essentiel étant, en l’espèce, l’impasse politique qui ne peut plus continuer à être ignorée », indiquera Ali Benflis, d’entrée de jeux.

A ce niveau de lecture du communiqué, on est déjà tenté de conclure que les prochaines élections législatives se feront sans Talaie El Houriyet mais dans son courrier Ali Benflis prend de l’élan pour mieux justifier sa position que l’on croit commencer à poindre entre les lignes. Il ne remet pas en cause, cependant, le principe d’organiser des élections mais pointe du doigt le phénomène de fraude généralisée qui accompagne chaque rendez-vous électoral: « Notre pays n’est pas en manque d’élections contestables et contestées qui l’ont toutes conduit vers là où il se trouve actuellement. ….  Il faut s’armer de lucidité et de sagesse et savoir reconnaître sans détours que la fraude électorale a occasionné tant de ravages dans le système politique national qu’il est grand temps d’admettre, une bonne fois pour toute, que la légitimité, la représentativité et la confiance se méritent et ne s’imposent pas. », a argué le président de Talaie El Houriyet.

Comment interpréter les propos d’Ali Benflis à ce stade du communiqué ? Si Talaie El Houriyet ne participe pas à une énième mascarade électorale, cela constituerait un précèdent dans l’histoire de l’échiquier politique algérien où riment, illégitimité et impunité. Faut-il rappeler que le parti de Talaie El Houriyet (l’avant-garde des Libertés) a reçu son agrément il y a à tout juste un an, un mois et 7 jours. Faut-il rappeler aussi qu’il y a un peu moins d’un mois, le bureau du comité central du parti a indiqué via son porte-parole qu’il prendrait d’abord le pouls de ses militants au travers d’une large consultation des structures locales, avant d’annoncer sa position sur sa participation ou non aux prochaines échéances électorales.

Pour l’heure, Ali Benflis appelle à l’apaisement et au rassemblement au lieu de divertir en organisant une fois de trop de fausses élections : « Détourner les regards de cette nécessité impérative et vouloir à tout prix feindre d’organiser des élections normales, dans un pays présenté comme se trouvant dans une situation normale, c’est commettre un déni des réalités. »  

On ne va pas s’emmêler les pinceaux car au travers de sa « réponse ouverte », Ali Benflis ne fait que répondre à la doléance d’Ahmed Ouyahia dans le cadre des consultations au sujet de la présidence de l’instance de surveillance des élections, une démarche qui recouvre, par ailleurs, un tantinet d’ambigüité et de paradoxe. En effet, pourquoi consulter  un parti qui n’a pas encore annoncé sa décision de participer ou non aux prochaines élections ? Ouyahia tenterait-il de forcer la main à Talaie El Houriyet, le parti le plus récent des partis agréés et pourtant le plus ancré dans le pays et parmi la diaspora ? Si c’est le cas, le jeune parti se laisserait – il manipuler ? Entrerait-il dans le jeu malsain d’une caste avide de pouvoir et d’argent ? Jusqu’où ira l’opportunisme à l’état brut d’une mafia en perte de repère? Les barons du régime réussiront – ils à se servir de ce parti émergeant pour se redonner une virginité à leurs tricheries « transparentes » et « démocratiques » ? Ouyahia a-t’–il reçu ordre de ses chefs pour tendre la perche ou plutôt les tentacules à Ali Benflis afin de donner l’impression au reste du monde que l’Algérie est une république démocratique et populaire ? La fraude électorale massive est pourtant la marque de fabrique par excellence du régime en place depuis 1962 et Ali Benflis en sait même un peu trop à ce sujet. Il a matraqué dans son communiqué que « la loi organique portant régime électoral de même que celle relative à la « haute » instance « indépendante » de surveillance des élections auront été autant d’occasions manquées. Il est vain d’y chercher et hors de propos d’y trouver quelques signes que ce soit d’une rupture avec les pratiques du passé dans lesquelles s’incarnait et s’incarne toujours la négation de l’état de droit et le manquement aux normes démocratiques universellement admises.»

La chute de « la réponse ouverte » d’Ali Benflis est sans appel ou presque: «Le régime politique en place a toujours préféré le soliloque à la concertation et au dialogue sur tout ce qui engage le présent et l’avenir de la Nation. Et s’il rompt avec cette solide tradition, aujourd’hui, c’est pour des consultations sur la présidence d’une instance dont la performance, quelle qu’elle soit, ne changera rien au cours discrédité des processus électoraux nationaux. ».

Boycotter ou ne pas boycotter les prochaines échéances électorales, telle est la question à laquelle l’Algérie profonde attend une réponse claire, nette et précise de la part du patron du parti de l’avant-garde des libertés, Ali Benflis en l’occurrence.

CNP NEWS.

 

 

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