Le premier coup d’État turc a eu lieu le 2 mai 1960. Il était mené par des officiers et étudiants des écoles militaires d’Istanbul et Ankara, pratiquement sans effusion de sang. Des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour protester contre le régime antidémocratique. Les putschistes ont établi un comité d’union nationale dirigé par le chef de l’armée de terre, Cemal Gursel. Trois anciens ministres, dont le premier ministre Adnan Menderes, ont été exécutés et douze autres ont vu leurs condamnations à mort commuées en peines de prison à vie.

En 1971, l’armée a exigé du gouvernement de rétablir l’ordre après des mois de grèves et d’affrontements dans les rues entre l’extrême-gauche et l’extrême-droite. Quelques mois plus tard, le premier ministre Suleyman Demirel est contraint de démissionner. Une coalition d’hommes politiques conservateurs et de technocrates, sous le contrôle des militaires, s’est chargée de rétablir l’ordre. La loi martiale a été établie dans plusieurs provinces. Elle n’a été levée qu’en septembre 1973.

Le 12 septembre 1980, l’armée s’est de nouveau mêlée des affaires du pays. Un coup d’État dirigé par le général Kenan Evren a eu lieu après de nouveaux affrontements de rue entre la gauche et les nationalistes. De hauts responsables politiques ont été arrêtés. Le parlement, les partis politiques et les syndicats ont été dissous. Un Conseil de sécurité nationale a pris le contrôle du pays, suspendu la Constitution et mis en œuvre une Constitution provisoire, donnant des pouvoirs quasi illimités aux militaires.

Le 18 juin 1997, le premier ministre Necmettin Erbakan a dû démissionner sous la pression de l’armée, des milieux d’affaires, de la justice et d’une partie de la classe politique. L’opposition voyait en sa personne une menace contre la laïcité. En 2013, les participants au coup D’État ont été traduits en justice.