La Belgique dont 10% de la population est musulmane (20% à Bruxelles), reconnaît officiellement l’Islam depuis 1974 comme la deuxième religion du pays. En 1975, l’état belge introduisait des cours de formation islamique dans le programme scolaire. La Belgique est aussi le pays européen qui compte, toute chose égale par ailleurs, le plus grand nombre de musulmans

Plusieurs tentatives de création de partis islamistes belges ont avorté avant de voir émerger le parti baptisé « ISLAM», acronyme d’Intégrité, Solidarité, Liberté, Authenticité, Moralité. Le parti agit en toute légalité, Il entend également se professionnaliser, selon ses dirigeants.

La main invisible d’Iran                                      

Fondé en 2012, le parti est dirigé par Redouane Ahrouch, Belge d’origine marocaine, qui ne cache pas son appartenance à l’Islam chiite. Selon lui, ce parti aimerait voir l’instauration de la charia, la loi islamiste, en Belgique.  Les dirigeants du parti revendiquent « militer pour le droit de tous les musulmans ». Selon Ricardo Gutiérrez, journaliste belge spécialiste des convictions religieuses, « ce parti serait relativement proche des chiites iraniens. En 2012 « ISLAM » a participé aux élections municipales de Bruxelles, il avait décroché deux sièges de conseiller communal dans deux communes. Il s’était également présenté aux régionales de 2014 à Bruxelles sans avoir d’élu. Les deux élus communaux ont reçus les félicitations officielles de l’organisation mondiale chiite Ahl el-Bayt, basée à Téhéran. »

La presse belge a beaucoup commenté l’appel de la liste Islam à instaurer, un jour, la charia, la loi islamique, en Belgique. Elle a beaucoup moins évoqué, en revanche, l’affiliation chiite du principal leader du parti, Redouane Ahrouch. « Je suis chiite, c’est vrai, mais ISLAM est un parti islamique et rien d’autre », dira Ahrouch. « On ne se considère pas comme chiites ; nous militons pour le droit de tous les musulmans » ajoutera t-il.

Un parti ambitieux 

Le parti ambitionne de se présenter à l’échelon national dès les prochaines élections de 2018, il espère que les récents attentats terroristes vont lui apporter encore plus d’adhésions. Lors du scrutin fédéral de 2014, le parti n’avait récolté que 0,2% de suffrages. «Sa notoriété ne dépasse pas quelques localités», explique un journaliste politique belge. Ce dernier n’exclut toutefois pas un plus grand succès à l’avenir. «La plupart de grandes formations nationales ont intégré de nombreux musulmans et certains d’entre eux occupent des positions importantes, dit-il.  Mais une formation qui défendrait les intérêts spécifiques et l’identité de la communauté, pourrait avoir un certain succès.»

CNP NEWS