C’est au travers d’un communiqué distribué aux médias ce mardi 30 juin que le Président de Talaie El Houriet a dénoncé avec la plus grande fermeté les graves dépassements du régime. Du fait de la pertinence du communiqué et de la gravité de la situation en Algérie, CNP NEWS a décidé de publier dans son entièreté le communiqué du Président de Talaie El Houriet :

« Pour des raisons inavouables dont il est aisé d’établir le lien direct avec la grave impasse politique et institutionnelle actuelle, le régime politique en place a cru devoir s’engager dans une opération à large échelle d’atteintes aux droits fondamentaux, de restriction des libertés citoyennes et de dénaturation du pluralisme politique.

Ce régime politique est désormais dos au mur. La gestion du vide au sommet de l’Etat qu’il croyait pouvoir assurer sans dégâts et sans fracas est désormais hors de son contrôle. Il est dépassé par l’ampleur prise par les défis politiques, économiques et sociaux actuels. Il est miné par ses contradictions internes qu’il ne peut plus cacher et qui s’affichent au grand jour.

Tous les régimes totalitaires croient qu’ils peuvent neutraliser les messages d’alerte sur leurs manquements et leurs errements en réduisant les messagers au silence. Le régime politique en place n’a plus aucune prise sur les affaires de la Nation. Alors, il se laisse aller à faire ce qu’il maitrise le mieux : faire taire celles et ceux qui pointent du doigt ses échecs et ses faillites, qui lancent des alertes quant à la menace qu’il représente pour le pays tout entier et qui mettent en garde contre la voie de l’aventure aux lendemains imprévisibles vers laquelle il n’hésite plus  à diriger le pays tout entier.

Les assauts répétés contre les médias indépendants comme le « Groupe El Khabar » et, « le quotidien national El Watan »,  y compris les incarnations abusives et injustifiées, le harcèlement  continu des organisations de la société civile agissant dans le champ des droits de l’Homme et la privation à vie des officiers supérieurs et des officiers généraux de leurs droits politiques et civiques obéissent à une seule et même logique : Celle d’un régime politique qui persiste à se placer au-dessus de la Constitution et des lois ; qui sait pouvoir compter sur une justice disposée à donner un habillage de légalité à ses abus de pouvoir ; et qui ne recule devant aucune outrance et aucun excès lorsque ceux-ci lui sont dictés par sa survie et qu’il croit y trouver les garanties de sa pérennité.

C’est dans cette logique de survie et de quête désespérée de la pérennité que s’inscrit aussi la volonté d’une ferme reprise en main que manifeste le régime politique en place à l’égard du paysage politique national. C’est dans ce contexte là et dans aucun autre que doivent être lus et compris les projets de lois organiques sur le régime électoral et sur la prétendue haute autorité indépendante de surveillance des élections.

A travers, le projet de loi organique sur le régime électoral, le régime politique en place se prépare à récupérer d’une main ce qu’il a été contraint de concéder de l’autre en 2012 au moment de la grande panique que les révolutions arabes ont introduit dans ses rangs. Ce projet de loi organique sur le régime électoral n’a qu’une finalité et une seule : redonner à l’appareil politico- administratif en place le dernier mot dans une reconfiguration du paysage politique en place conforme à ses intérêts et à ceux de ses clientèles politiques traditionnelles. C’est de ces mêmes calculs et de cette même démarche que procède le projet de loi organique sur l’instance de surveillance des élections qui n’a de l’indépendance et de la hauteur que le nom et rien d’autre. Ce projet de loi organique laisse les portes grandes ouvertes à la tricherie politique et à la fraude électorale. Elle ne les endigue pas mais leur fournit une nouvelle couverture sous laquelle elles peuvent continuer à se perpétuer et à prospérer. Et par cet artifice peu trompeur, elle leur donne seulement un nouveau souffle.

Notre pays ne stagne plus, il régresse et recule dangereusement. La facture de ces reculs et de ses régressions  est déjà lourde et il ne fait aucun doute qu’elle est destinée à s’alourdir davantage par le seul fait d’un régime politique plus soucieux de sa quiétude et de son confort que de ceux de la Nation.

Le régime politique en place livre des combats d’arrière-garde contre les droits, les libertés et le pluralisme politique. Il s’éloigne plutôt qu’il ne se rapproche de l’Etat de droit. Dans une telle situation, le pays tout entier est le plus grand perdant. En effet, la fuite en avant à laquelle se condamne le régime politique en place laisse intacts et sans prise en charge les véritables défis politiques, économiques et sociaux d’une gravité extrêmes auxquels la Nation est confrontée.»