Pour Ali Benouari, ancien ministre algérien délégué au Budget, « n’en déplaise à Sellal, Ouyahia et les thuriféraires du régime, ce qui se passe au Venezuela annonce bel et bien ce qui va arriver à l’Algérie. Ils croient que le pays est protégé par ses 140 milliards de dollars de réserves de change, mais ils se trompent lourdement.
Voici pourquoi : Ces réserves, loin d’aider le pays, vont servir à prolonger la durée de vie du régime. Et cette survie artificielle, qui peut durer 3 à 4 ans, va creuser encore plus les déséquilibres structurels de l’économie algérienne et aggraver les inégalités sociales. Au final, l’économie du pays sera encore plus dépendante qu’aujourd’hui des importations et son retard deviendra irrattrapable.

Entre-temps, la population se sera accrue. Elle aura doublé en un quart de siècle, sans qu’elle n’ait été préparée à produire des richesses renouvelables. Il faudra aussi tenir compte des autres méfaits du Système en place. Ce Système ne produit pas les cadres dont le pays a besoin, il fait fuir le peu qu’il possède. Il dégrade sans cesse l’environnement et le cadre de vie des Algériens. Il aggrave les déséquilibres entre les régions et développe des rapports de plus en plus conflictuels entre les citoyens sur le plan social comme sur le plan la non-gestion de l’identité amazigh.

Sur le plan régional ce n’est guère mieux. Le pays n’a jamais assumé les responsabilités qui découlent de sa situation géostratégique particulière. De là découle le non-développement de nos échanges avec nos voisins. Une politique qui nous coûte plus que des points de croissance. A ce sujet, il faudra observer de près les avancées économiques spectaculaires du Maroc voisin et ses conséquences au plan de notre stabilité et de notre sécurité dans les années à venir.

Oui, il ne faut pas se leurrer. Le régime actuel est un danger mortel pour le pays. Ceux qui, au Gouvernement, se félicitent de l’aisance financière actuelle, portent une lourde responsabilité devant l’Histoire. Jamais la science prospective n’aura été aussi précieuse, ni aussi peu sollicitée. »

 

Ali Benouari.