Plusieurs ministres européens ont déjà fait le déplacement de Tripoli : l’Italien Gentiloni, le Français Ayrault et son acolyte allemand Steinmeier et le Britannique Hammond, etc. Sans compter les ambassadeurs. Tripoli devient ainsi le lieu de crise à la mode, la place « to be ». Avec raison certainement. Car il s’agit de marquer tout le soutien au nouveau gouvernement libyen, le seul reconnu par la communauté internationale.

Et Mogherini ?

C’est la question qui a été posé à la chef de la diplomatie européenne lors de la dernière réunion des ministres des Affaires étrangères (1). La Haute représentante de l’UE a annoncé « espérer se rendre à Tripoli bientôt… » Refusant de donner une date plus précise. « Vous comprendrez pourquoi. »

Je veux une visite substantielle

Avec un sourire (légèrement ironique), elle a ajouté : « Il ne s’agira pas seulement une visite symbolique ou politique. Je veux aller visiter le gouvernement avec des projets assez concrets à discuter et annoncer. J’ai déjà rencontré Sarraj deux fois, hors d’Europe, à Tunis et en Egypte. Je pense avoir été la première à rencontrer le Conseil présidentiel. Les visites symboliques ont déjà eu lieu. (Maintenant) ma visite devra avoir un caractère substantiel. »

NB : ce qui peut apparaître aux yeux de certains comme un certain retard a, en fait, plusieurs explications. D’une part, la Haute représentante était il y a 10 jours sur le Cavour – pour commémorer le un an du naufrage tragique et la mise sur pied de l’opération EUNAVFOR MED / Sophia par les Européens — puis était en Iran, une visite prévue de longue date. D’autre part, à la différence des Etats membres ou de l’ONU ou de l’OTAN (2), la Haute représentante de l’UE, ne dispose pas de moyens propres (avion notamment), elle doit se reposer pour cela sur les moyens des autres.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Question à laquelle elle a répondu (faut-il préciser) dans un français quasi-parfait. En quelques mois, la Haute représentante de l’UE qui est plus à l’aise a fait des progrès notables (leçons à l’appui, selon nos informations). Ce qui est la preuve que le bilinguisme (+ l’italien sa langue natale et l’espagnol qu’elle pratique), est tout à fait possible au niveau européen avec un tout petit effort.

(2) L’ONU a un contrat d’affrètement avec des avions privés, repeints à ses couleurs blanches. Tandis que le secrétaire général de l’OTAN dispose – autant que possible – d’un avion prêté par l’aviation belge, sur la base d’un accord de mise à disposition.