Ce Barça-Real Madrid s’impose comme le véritable baptême du feu d’un technicien français relativement épargné par les critiques pour le moment.

 Zinedine Zidane va-t-il connaitre le sort funeste réservé aux entraîneurs du Real lors de leur premier Clasico ? Depuis huit ans, tous les coachs du club merengue se sont ainsi inclinés lors de leur première contre le Barça (Rafa Benitez, Carlo Ancelotti, José Mourinho, Manuel Pellegrini, Juande Ramos et Bernd Schuster). Nommé en remplacement de Rafael Benitez en début d’année, l’ancien stratège des Bleus est déjà sous pression, même s’il a remporté onze de ses quatorze premiers matches à la tête de l’équipe première toutes compétitions confondues. Détendu devant les medias, Zizou a voulu dédramatiser vendredi : «Le plus beau match du monde c’est le Clasico et cette fois-ci je le vivrai en tant qu’entraîneur. J’ai envie de profiter de ce moment. Ça va être un grand moment de foot. Cette nuit je vais dormir comme un bébé. Tranquille, comme d’habitude. Ce n’est qu’un match de foot. Une rencontre de plus. Bien sûr cela reste un beau match à voir. Je veux voir mon équipe aussi bonne que ces derniers temps. Rien de plus

 Effacer l’humiliante défaite du match aller concédée à domicile (0-4)

Dix ans après son ultime Clasico comme joueur, il en a disputé onze, dont neuf de Liga et deux de Ligue des champions, le coach français va donc vivre son premier Barça-Real en tant qu’entraineur de la Maison Blanche. Hasard du calendrier l’ancien joueur de la Juve retrouve l’enceint barcelonaise dix ans jour pour jour après son ultime Clasico de joueur. Ce sera, qu’il le veuille ou non, un match particulier pour lui. D’autant qu’il joue gros. L’objectif est clair samedi. Effacer l’humiliante défaite du match aller concédée à domicile (0-4). Un fiasco fatal à Rafael Benitez. Une nouvelle déconvenue face au grand rival catalan, invaincu depuis 39 matches officiels, serait difficile à digérer pour les supporters du club merengue. Elle marquerait à coup sûr la fin de l’état de grâce pour le technicien français, relativement épargné par les médias depuis le début de son mandat il y a trois mois. Après des débuts très réussis avec des corrections infligés à La Corogne (5-1), puis Gijon (5-1), sa formation a connu un coup d’arrêt en perdant le derby contre l’Atlético (0-1) le 27 février. Désormais relégué à dix longueurs du Barça, le Real a fait une croix sur le titre. Ce revers contre le voisin de l’Atlético aurait laissé des traces dans le vestiaire madrilène, si l’on en croit El Chiringuito. La célèbre émission de télévision espagnole affirmant que l’ancien numéro 5 des Merengue aurait demandé à ses joueurs de changer d’attitude, menaçant de quitter son poste si ce n’était pas le cas….

 Un Real assez offensif

Pour l’heure, le champion du monde 1998 n’a pas vraiment imprimé sa patte à son équipe.  Le vestiaire, en tout cas, semble derrière lui. «Il débute comme entraîneur mais il s’en sort très bien, a déclaré Gareth Bale. Il nous transmet une grande confiance». Le Real qui reste sur un probant succès contre Séville le 20 mars (4-0) se présente même avec quelques certitudes et un visage assez offensif. Le choix de Zidane de titulariser le Brésilien Casemiro en milieu de terrain a été salué par la presse madrilène. Mais Barcelone constitue un autre défi de choix. Selon AS, Zizou aurait lancé à ses troupes : «On a le droit de perdre ce match, mais on pas le droit de se faire marcher dessus comme à l’aller ». Un discours un brin plus guerrier que celui lâché en conférence de presse. Le message passera-t-il ?  Il vaudrait mieux pour le technicien français.